🚨 10 féminicides et ça continue : la ministre face à ses responsabilités
Quand une femme est en danger, elle appelle — mais 10 féminicides en quelques mois, zéro sur dix n'avaient utilisé les services. Ce n'est pas un échec des femmes, c'est un échec du système.
⭐ INTRODUCTION
Dix féminicides depuis le début de l'année 2026. C'est le chiffre choc qui a plané sur toute la séance des crédits budgétaires consacrée à la condition féminine. La Commission des relations avec les citoyens a réuni élues de tous les partis autour de la ministre responsable pour une discussion de deux heures et demie sur l'état réel de la lutte contre la violence conjugale au Québec. Ce qui en ressort est à la fois encourageant et alarmant : des investissements réels, des maisons d'hébergement qui sortent de terre, mais aussi un manque criant de places, des listes d'attente, des procureurs surchargés qui abandonnent des dossiers, et une réalité brutale — aucune des dix femmes assassinées cette année n'avait utilisé les services disponibles. Le dépôt du projet de loi 4 (loi Gabi-Renaud), inspiré de la loi britannique Claire, marque une avancée concrète. Mais l'opposition et les groupes de femmes sont unanimes : ce n'est pas suffisant, et le rythme est trop lent.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la commission et présentation des blocs de temps
04:30 🏛️ Bloc opposition officielle — Violence conjugale, féminicides et financement des maisons d'hébergement
22:00 📢 Bloc QS — Dépôt du projet de loi 4, rôle de la ministre et création d'un vrai ministère
40:00 🏠 Bloc PQ — Maisons d'hébergement, délais pour les victimes d'agression sexuelle et dixième féminicide
58:30 🔵 Bloc gouvernement — Cellules d'intervention rapide, bracelets anti-rapprochement et bilan financier
01:14:00 🔍 Bloc opposition officielle — Manque d'unités d'hébergement, comité manque de place et rapport en attente
01:35:00 ⚖️ Représentation juridique des femmes, aide juridique, rebâtir et surcharge du DPCP
01:52:00 🧬 Contraception gratuite — Pétition de 100 000 signatures et document caviardé
02:05:00 🏡 Maisons de deuxième étape, voie rapide de construction et organismes communautaires à bout de souffle
02:18:00 💊 Plan d'action sur l'accès à l'avortement — Pilule abortive, centre de santé de Québec et financement récurrent
02:25:30 🗳️ Mise aux voix des crédits et clôture de la commission
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le Québec enregistre 10 féminicides depuis janvier 2026, un rythme qui dépasse déjà la moitié du bilan annuel de 2025. La première ministre Christine Fréchette a fait de la lutte contre la violence conjugale une priorité de son gouvernement, notamment en rencontrant les trois grands regroupements de maisons d'hébergement (l'Alliance, la Fédération et le Regroupement) ainsi que SOS Violence conjugale.
Le projet de loi 4, dit loi Gabi-Renaud, a été déposé le jour même de la tenue de ces crédits par le ministre de la Sécurité intérieure. Inspiré de la loi britannique Clare's Law, il permettrait à un partenaire intime de demander à la police de vérifier les antécédents de violence de son conjoint. La divulgation et l'analyse seraient confiées à des organismes communautaires spécialisés en violence conjugale désignés par la ministre responsable de la condition féminine.
Depuis 2019, le gouvernement de la CAQ affirme avoir investi 1,3 milliard de dollars pour contrer la violence conjugale. Le budget 2026-2027 prévoit 260 millions supplémentaires sur 4 ans, dont 91 millions pour les maisons d'hébergement et 72 millions pour compléter le déploiement des tribunaux spécialisés. Malgré tout, les groupes de femmes dénoncent des lacunes persistantes et urgentes.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Le fait le plus percutant de toute cette séance : aucune des dix femmes tuées en 2026 n'avait utilisé les services disponibles. La ministre l'a dit elle-même, clairement. Ce n'est pas un détail, c'est le cœur du problème. On peut construire des maisons d'hébergement, voter des lois, former des policiers — si les femmes ne se rendent pas jusqu'aux services, quelque chose ne fonctionne pas dans la chaîne de prévention et de sensibilisation.
Le manque de places en hébergement est documenté et criant. SOS Violence conjugale rapporte qu'une femme sur deux se fait refuser une place. Dans certaines régions, ce taux grimpe entre 60 % et 75 %. Il y a eu plus de 8 000 refus l'an dernier. Le comité manque de place se serait réuni cinq fois entre avril 2025 et janvier 2026, mais son rapport final n'est toujours pas public. Les données disponibles remontent à 2021-2024. On gouverne sur des chiffres périmés pendant que des femmes meurent.
Le projet de loi 4 est une avancée réelle, mais il n'est pas sans angles morts. La disposition permettant à la ministre de la condition féminine de désigner les organismes responsables de l'analyse et de la divulgation est une nouveauté importante — c'est la première fois qu'une ministre responsable de la condition féminine se voit octroyer un pouvoir aussi concret dans un projet de loi. Mais il reste des questions fondamentales : ces organismes ont-ils les ressources pour absorber ce nouveau mandat? La réponse honnête, pour l'instant, c'est non.
La question de la représentation juridique des femmes victimes de violence conjugale a été soulevée avec force. Rebâtir 2 a pris fin en septembre 2024. Jury Pop a été coupé. L'Association des procureurs du DPCP sonnait l'alarme en 2025 : 40 % des procureurs ont déjà renoncé à porter ou à continuer une plainte criminelle faute de ressources. Ce taux monte à 55 % dans les tribunaux spécialisés en violence conjugale et sexuelle. Ce sont des chiffres de crise. On finance des tribunaux spécialisés d'un côté et on prive les victimes de procureurs capables de les porter de l'autre.
Quant à la contraception gratuite, la demande est massive — 100 000 signatures, un consensus scientifique et médical, une étude qui démontre que chaque dollar investi rapporte entre 7 et 8 dollars en économies à l'État. Et le gouvernement a produit un document d'analyse... totalement caviardé. On refuse de montrer les chiffres aux citoyens. Ce n'est pas de la saine gestion publique. C'est de l'opacité.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
La ministre a révélé que le projet de loi 4 devait initialement être co-signé par la ministre de la condition féminine, mais qu'un parti d'opposition a refusé son consentement, empêchant cette première historique — c'est la première fois depuis la fondation du Secrétariat à la condition féminine en 1973 qu'une telle occasion s'est présentée, et elle a été ratée.
La députée de Mercier (QS) a demandé que l'étude sur les coûts de la contraception, produite par le ministère des Finances mais caviardée, soit rendue publique. La ministre n'a pas pris cet engagement clairement.
L'Alliance des maisons d'hébergement a publié un communiqué après le dépôt du budget indiquant qu'il ne prévoit aucun programme de financement dédié à la construction ou à la relocalisation des maisons d'hébergement — une absence que la ministre a indirectement reconnue en défendant les programmes existants.
L'organisme Transit Secours, seul au Québec à offrir des services de déménagement et d'entreposage aux femmes victimes de violence, est sans financement depuis juin. Il y a eu plus de 2 000 signatures de pétition et des lettres d'appui, dont une du SPVM, demandant une aide d'urgence.
Le projet de loi 4 a été déposé par le ministre de la Sécurité intérieure, et non par la ministre de la condition féminine — une décision structurelle qui illustre le manque de pouvoir formel de cette dernière dans l'appareil gouvernemental.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le projet de loi 4 (loi Gabi-Renaud) crée un mécanisme permettant à un partenaire intime de demander aux corps policiers de vérifier les antécédents de violence de son conjoint, avec transmission à un organisme communautaire désigné pour analyse et accompagnement.
La ministre de la condition féminine obtient pour la première fois un pouvoir formel dans un projet de loi : celui de désigner les organismes communautaires responsables de la divulgation des informations dans le cadre de la loi Gabi-Renaud.
Le PEQ des maisons d'hébergement (PSOC) a été augmenté dans le budget, mais les trois regroupements estiment que l'ajout ne couvre qu'un poste par maison au lieu de cinq, et que les maisons de deuxième étape n'obtiennent que l'équivalent d'un demi-poste.
Le financement récurrent pour les groupes de femmes est en place depuis 2023 : 114 ententes actives pour 10,5 millions de dollars, incluant 17 nouveaux organismes et 4 organismes pro-choix.
Le plan d'action sur l'accès à l'avortement (premier en Amérique du Nord) a permis l'ouverture du Centre de santé des femmes de la Capitale-Nationale et l'augmentation de l'utilisation de la pilule abortive, passée de 12 % à 23,7 % des avortements entre 2020 et 2024.
L'absence d'un programme dédié à la construction des maisons d'hébergement, séparé du logement social, continue de ralentir les projets et alimente les listes d'attente.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Sans financement d'urgence, Transit Secours ne peut plus prendre de nouvelles clientes, brisant le filet de sécurité au moment du déménagement, une étape pourtant critique pour la sécurité des femmes.
La mise en œuvre du projet de loi 4 risque d'engorger des organismes communautaires déjà à bout de souffle, notamment les CALAC et les maisons d'hébergement, qui manquent de personnel pour absorber une nouvelle mission.
Les délais pour rencontrer un enquêteur après une agression sexuelle peuvent atteindre des semaines, voire des mois dans certaines régions — un risque accru de revictimisation et d'abandon de la démarche judiciaire.
La surcharge du DPCP dans les tribunaux spécialisés pourrait mener à l'abandon de dossiers de violence conjugale, laissant des agresseurs sans poursuite criminelle.
L'opacité sur les coûts de la contraception gratuite retarde un débat public informé alors que des femmes renoncent à se protéger pour des raisons financières.
Le comité manque de place n'a toujours pas publié son rapport final malgré des données qui remontent à 2021 — une absence de vision à jour qui compromet la planification de nouvelles maisons d'hébergement.
Faute d'un programme dédié à la construction, les projets de maisons d'hébergement continuent d'avancer au rythme du logement social, avec les mêmes obstacles et délais — pendant que le taux de refus reste au-delà de 50 % dans plusieurs régions.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Pourquoi, malgré tous les services disponibles, aucune des dix femmes tuées en 2026 n'avait-elle utilisé ces services — et que fait-on concrètement pour changer ça?
Quand le rapport du comité manque de place sera-t-il rendu public, et pourquoi travaille-t-on encore sur des données qui remontent à 2021?
Pourquoi le gouvernement maintient-il caviardé le document du ministère des Finances sur les coûts et économies liés à la contraception gratuite?
Les organismes communautaires qui devront implanter la loi Gabi-Renaud ont-ils les ressources pour le faire, ou va-t-on leur ajouter une mission sans leur donner les moyens?
Un programme dédié à la construction et au financement des maisons d'hébergement, distinct du logement social, sera-t-il créé — oui ou non?
Que fera concrètement la ministre pour que les procureurs du DPCP cessent d'abandonner des dossiers de violence conjugale faute de ressources?
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