🚨 11 féminicides en 2026 : les centres de femmes sonnent l'alarme
Les centres de femmes du Québec comparaissent en commission parlementaire et lancent un avertissement sans équivoque : le projet de loi 4 ne suffira pas. Derrière les 11 féminicides de 2026, il y a une crise systémique que personne ne peut ignorer plus longtemps.
⭐ INTRODUCTION
Le 2 juin 2026, des représentantes de l'R des centres de femmes du Québec comparaissaient devant une commission parlementaire pour offrir leur point de vue sur le projet de loi 4, portant sur la divulgation d'antécédents en matière de violence conjugale. Si elles ont salué le dépôt de ce projet, leur message central a été sans détour : cette mesure seule est insuffisante. À l'heure où le Québec enregistre déjà 11 féminicides depuis janvier 2026, les centres de femmes réclament un investissement massif dans la prévention, une grande campagne nationale de sensibilisation, et surtout des conditions matérielles réelles permettant aux femmes de quitter des situations de violence. La crise du logement, la pauvreté, la méfiance envers les institutions et la montée des discours antiféministes forment un écosystème que la loi seule ne peut pas dénouer.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Introduction de la commission et présentation des invitées
02:30 🏢 L'R des centres de femmes du Québec : qui sont-ils et quel rôle jouent-ils?
06:00 ⚠️ Message central : le projet de loi 4 est pertinent mais insuffisant
10:30 🚧 Accessibilité au mécanisme : les femmes les plus vulnérables risquent d'être exclues
15:00 🏠 Crise du logement et violence conjugale : des réalités indissociables
19:00 💬 Échanges avec le ministre : tierce partie, empowerment et définition de « partenaire intime »
24:00 🌐 Fracture numérique et accès au dispositif : en ligne ou en poste de police?
28:30 👶 Crainte de la DPJ : un frein majeur pour les mères victimes
33:00 🗣️ Échanges avec l'opposition officielle : prévention nationale et campagne de sensibilisation
37:30 ⚖️ L'institution DPJ pointée du doigt : inégalités, patriarcat et méfiance
40:30 🔚 Message final : argent, ressources et urgence d'agir — clôture de la commission
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le projet de loi 4 propose un mécanisme permettant à une personne estimant être à risque de demander des renseignements sur les antécédents de violence de son partenaire intime. Présenté comme un outil de protection, il s'inspire de modèles étrangers et vise à combler un angle mort du système de protection des femmes.
Les centres de femmes constituent un réseau de 70 organismes communautaires féministes répartis dans toutes les régions du Québec. Ils accompagnent les femmes avant, pendant et après les situations de violence, souvent bien avant que celles-ci ne franchissent la porte d'une maison d'hébergement ou d'un poste de police.
La commission parlementaire se déroule dans un contexte alarmant : 11 féminicides ont déjà été recensés au Québec depuis le début de l'année 2026. Les organismes de terrain tirent la sonnette d'alarme depuis des mois, dénonçant le sous-financement chronique des ressources communautaires et l'absence d'une véritable stratégie nationale de prévention.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Les représentantes de l'R des centres de femmes ont livré un témoignage d'une lucidité remarquable. Elles ne s'opposent pas au projet de loi 4 — elles l'appuient. Mais elles refusent de laisser croire qu'une loi sur la divulgation d'antécédents peut, à elle seule, enrayer la violence conjugale. Ce serait, disent-elles, transférer la responsabilité sur les épaules des victimes.
Le constat le plus percutant de la journée est peut-être celui-ci : une femme peut parfaitement savoir que son partenaire est violent — et rester quand même. Non pas par ignorance, mais parce qu'elle n'a pas de logement, pas de revenu suffisant, pas de réseau de soutien. La crise du logement tue aussi, à sa façon. Et aucune loi ne remplace un toit.
La question de la DPJ a également occupé une place importante dans les échanges. Les intervenantes ont été directes : la DPJ est perçue par de nombreuses femmes victimes de violence comme une institution patriarcale, inégale et menaçante. Cette réalité constitue un frein majeur à l'utilisation de tout mécanisme institutionnel, incluant le projet de loi 4. Tant que les femmes craignent de se faire enlever leurs enfants en demandant de l'aide, elles n'iront pas chercher de l'aide.
La demande de grande campagne nationale de prévention — comparable aux campagnes sur la ceinture de sécurité ou l'alcool au volant — est éloquente. Elle révèle à quel point la lutte contre la violence conjugale est encore traitée comme un enjeu de niche plutôt qu'une priorité nationale de santé publique. Si on peut dépenser des millions pour réduire les accidents de la route, peut-on en faire autant pour réduire les féminicides?
Enfin, le sous-financement chronique des centres de femmes a été nommé clairement. Ces organismes travaillent avant l'urgence, là où la prévention opère vraiment — et ils le font avec des ressources insuffisantes, sans même avoir reçu un pourcentage d'indexation adéquat sur leur financement à la mission.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Les représentantes de l'R ont clairement indiqué que les femmes les plus vulnérables — racisées, autochtones, en situation d'itinérance, sans maîtrise du français — seront précisément celles qui auront le moins accès au mécanisme prévu par le projet de loi 4
La crainte d'un signalement automatique à la DPJ en cas de demande d'information a été soulevée comme un frein réel et documenté : plusieurs mères victimes éviteront le dispositif par peur de perdre la garde de leurs enfants
L'institution DPJ a été qualifiée, sans ambages, de l'institution la plus patriarcale du Québec par une intervenante avec 25 ans d'expérience dans le réseau communautaire — une affirmation forte qui mérite d'être entendue
Le ministre a tenté de rassurer sur l'accessibilité du dispositif en insistant sur la multiplicité des portes d'entrée (formulaire numérique, poste de police, organismes partenaires), mais les intervenantes ont maintenu leurs réserves sur la fracture numérique et la méfiance institutionnelle
La question de la définition de « partenaire intime » a donné lieu à des échanges nuancés : la définition large retenue dans le projet est saluée, mais des cas limites demeurent à clarifier
Le chiffre de 11 féminicides depuis janvier 2026 a été répété à plusieurs reprises comme rappel brutal de l'urgence — et de l'insuffisance des réponses actuelles
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le projet de loi 4, même adopté, devra être accompagné de mesures complémentaires concrètes pour avoir un impact réel sur la sécurité des femmes
L'absence de logements abordables et d'un revenu suffisant pour les femmes victimes de violence limite directement leur capacité à utiliser tout outil légal ou à quitter une situation dangereuse
Les centres de femmes demandent à être partie prenante de la mise en œuvre du projet de loi : son déploiement, sa formation, son évaluation
La formation des policiers — notamment en matière d'accueil non-jugeant des femmes victimes dans les régions — a été identifiée comme un chantier incontournable pour que le dispositif fonctionne réellement sur le terrain
Les organismes communautaires féministes réclament un financement à la mission adéquat, incluant une indexation réelle, comme condition sine qua non à l'efficacité du filet de sécurité
La méfiance envers la DPJ constitue un obstacle systémique qui dépasse largement le projet de loi 4 et exige une réforme institutionnelle profonde
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Sans investissement majeur en prévention primaire, le Québec continuera d'enregistrer des féminicides à un rythme alarmant, peu importe les outils législatifs mis en place
Les femmes en situation de précarité économique, d'itinérance ou d'isolement risquent de ne jamais utiliser le mécanisme du projet de loi 4, laissant les plus vulnérables hors de portée du filet de protection
La montée des discours masculinistes et antiféministes fragilise le travail de terrain des centres de femmes et érode les gains obtenus en matière d'égalité, augmentant les risques de violence
Si la crainte d'un signalement à la DPJ n'est pas clairement encadrée dans la loi ou dans ses règlements, des mères victimes pourraient éviter massivement le dispositif, le rendant inefficace pour cette population
Une campagne nationale de sensibilisation — si elle voit le jour — pourrait changer les normes sociales sur la violence conjugale, à condition d'être ambitieuse, bien financée et inscrite dans la durée
Le manque de places en maison d'hébergement et d'intervenantes dans les centres de femmes augmente directement le risque de féminicides supplémentaires d'ici la fin de 2026
Sans cohérence entre les différents pans de la réponse collective — loi, logement, aide juridique, DPJ, ressources communautaires — le projet de loi 4 pourrait créer un faux sentiment de sécurité plus qu'une protection réelle
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Le gouvernement du Québec est-il prêt à investir dans une grande campagne nationale de prévention de la violence conjugale, comparable aux campagnes de sécurité routière, pour que le projet de loi 4 ne reste pas qu'un outil isolé?
Comment le gouvernement entend-il rassurer les mères victimes que l'utilisation du mécanisme de divulgation ne déclenchera pas automatiquement une intervention de la DPJ menaçant leur garde d'enfants?
Quand le Québec va-t-il reconnaître que la crise du logement est un facteur direct dans le maintien des femmes en situation de violence — et agir en conséquence?
Les centres de femmes seront-ils réellement impliqués dans la mise en œuvre, le déploiement et l'évaluation du projet de loi 4, comme ils le demandent, ou leur participation se limitera-t-elle aux consultations parlementaires?
Qu'est-ce que le gouvernement prévoit faire concrètement pour réformer la DPJ afin que les femmes victimes de violence conjugale ne la perçoivent plus comme une menace supplémentaire?
Avec 11 féminicides en moins de six mois, le Québec est-il collectivement prêt à traiter la violence faite aux femmes comme la priorité nationale d'urgence qu'elle est réellement?
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