💰 Caisse de dépôt : 9,3 % de rendement mais sous l'indice — que se passe-t-il?
La Caisse de dépôt affiche 9,3 % de rendement en 2025, mais reste sous son indice de référence pour une troisième année consécutive — entre frais de gestion en hausse, rémunération contestée et questions sur les investissements éthiques, les élus ont posé les vraies questions.
⭐ INTRODUCTION
La Commission des finances publiques s'est réunie pour étudier les crédits budgétaires liés à la Caisse de dépôt et placements du Québec (CDPQ) pour l'exercice 2026-2027. Au cœur des échanges : un rendement de 9,3 % en 2025, enviable en apparence, mais inférieur à l'indice de référence fixé à 10,9 %. Pour la troisième année consécutive, la Caisse sous-performe son propre indice. Les députés ont également soulevé la question de la rémunération des hauts dirigeants, des frais de gestion en hausse de 20 % en un an, du déménagement coûteux du bureau de New York, du REM, des investissements dans des zones de conflit, et de l'utilisation des locaux de la Caisse pour des événements gouvernementaux. Une séance dense, technique, mais révélatrice des tensions entre rendement financier, transparence et responsabilité publique.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la Commission des finances publiques — étude des crédits CDPQ
03:15 🏢 Déménagement du bureau de New York : coûts et justifications
12:40 💸 Hausse de 20 % des frais de gestion — de 3 G$ à 3,6 G$
22:10 👔 Rémunération des hauts dirigeants : PDG à 5,1 M$ en 2025
34:00 📉 Rendement 9,3 % mais sous l'indice de référence à 10,9 %
46:30 🏛️ RRQ vs Régime de pension du Canada — comparaison sur 5 et 25 ans
57:00 🏙️ REM : rendement, pannes, arrêts de service et nouvelle antenne
01:09:00 🤝 Table ronde économique dans les locaux de la Caisse — neutralité questionnée
01:19:30 ⚡ Nordvolt, filière batterie et investissements en Australie
01:31:00 🌍 Investissements en Israël, génocide à Gaza et politique d'investissement durable
01:44:00 🚋 Tramway de Québec, CDP-Quinfra et avenir des projets d'infrastructure
01:52:00 🌎 Géopolitique mondiale, Iran, tarifaires et double mandat économique du Québec
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
La Caisse de dépôt et placements du Québec (CDPQ) gère plus de 517 milliards de dollars d'actifs pour le compte de déposants québécois, dont les fonds de retraite de millions de travailleurs. Elle fait l'objet d'une étude de crédits annuelle à l'Assemblée nationale, où les élus questionnent sa gestion, ses rendements et ses décisions stratégiques.
En 2025, la Caisse a affiché un rendement de 9,3 %, supérieur au besoin de capitalisation des déposants (estimé à 6-6,5 %), mais inférieur à son indice de référence de 10,9 %. C'est la troisième année consécutive que la Caisse se retrouve sous cet indice, ce qui soulève des questions légitimes sur l'allocation d'actifs et la composition du portefeuille.
Sur cinq ans, la Caisse affiche un rendement annualisé de 6,5 %, contre 6,2 % pour son portefeuille de référence — un écart positif, mais qui se réduit depuis trois ans. Le PDG Charles Émond attribue en grande partie la sous-performance annuelle à la surconcentration historique des marchés boursiers publics, notamment dans les titres technologiques liés à l'intelligence artificielle.
En parallèle, les frais de gestion totaux ont bondi de 3 milliards à 3,6 milliards de dollars en un an, et la rémunération du PDG a dépassé les 5,1 millions de dollars, ce qui a alimenté un débat sur l'acceptabilité sociale de ces niveaux de rémunération dans une institution publique.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
La Caisse de dépôt est une institution qui appartient à tous les Québécois. Elle gère les retraites, les fonds publics, l'épargne collective. Quand on parle de 9,3 % de rendement mais sous l'indice, on parle de votre argent qui performe moins bien que ce que la Caisse elle-même s'est fixé comme objectif. Trois années consécutives en dessous de l'indice, ce n'est plus une anomalie. C'est une tendance.
L'explication donnée par Charles Émond est cohérente techniquement : les marchés boursiers publics ont été dominés par une poignée de titans technologiques (NVIDIA, Alphabet), et la Caisse, avec son portefeuille diversifié en actifs privés, ne peut pas — et ne veut pas — courir après ces rendements concentrés. C'est une stratégie défensive et prudente. Mais est-ce que cela justifie trois années de sous-performance? La question reste entière.
La hausse de 20 % des frais de gestion en un an mérite une explication plus granulaire que ce qui a été fourni. Oui, les frais de performance augmentent avec les bons résultats. Oui, les charges d'exploitation ont baissé. Mais passer de 3 à 3,6 milliards en douze mois, c'est 600 millions de plus dans les dépenses. Les Québécois ont le droit de savoir précisément où va cet argent.
La question de la rémunération du PDG — 5,1 millions de dollars — est délicate. Le président du conseil d'administration affirme qu'elle est 15 % sous la moyenne canadienne. Soit. Mais dans un contexte où des travailleurs voient leurs projections de retraite sous pression, cette rémunération doit être justifiée par des résultats qui dépassent les indices, pas seulement les besoins minimaux de capitalisation.
Enfin, l'utilisation des locaux de la Caisse pour une table ronde économique gouvernementale avec la première ministre mérite une réflexion sérieuse. La Caisse se veut neutre, indépendante des partis politiques. Prêter sa salle de conseil à un gouvernement en contexte pré-électoral, même sans intention partisane, crée une apparence problématique que les institutions publiques devraient éviter.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Le député de Marguerite-Bourgeois a pointé le coût du déménagement du bureau de New York : 376 000 $ par employé pour 29 personnes, dans un édifice appartenant à la Caisse. La direction a défendu que le coût était dans les normes du marché à 540 $ US le pied carré.
La rémunération du PDG Charles Émond, à 5,1 millions de dollars, a suscité des questions sur l'acceptabilité sociale de tels salaires dans une institution gérant les retraites de travailleurs ordinaires. Le président du CA a maintenu que c'est une rémunération compétitive, inférieure de 15 % à celle des PDG comparables au Canada.
La table ronde économique tenue dans les locaux de la Caisse avec la première ministre a été qualifiée d'inappropriée par l'opposition, qui estime que cela crée une apparence de parti pris envers la CAQ — ce que la direction de la Caisse a rejeté, affirmant accueillir tous les gouvernements élus.
La députée de Verdun a interpellé la Caisse sur ses investissements dans des entreprises liées à l'occupation israélienne et au conflit à Gaza, citant un rapport de la rapporteuse spéciale de l'ONU qui nomme spécifiquement la CDPQ.
La question du REM — pannes répétées, arrêts de service de six semaines, rendement dans le bas de la fourchette prévue — a mis en lumière les défis d'un projet qui, malgré ses ambitions, n'a pas encore livré sa pleine promesse.
L'investissement de 150 millions US dans Nordvolt, aujourd'hui perdu, a été défendu par la Caisse comme du capital de risque assumé, avec une gouvernance rigoureuse — mais l'épisode illustre les risques réels des pari industriels.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
La sous-performance récurrente par rapport à l'indice de référence soulève des questions sur la révision possible des mandats et des indices utilisés par la Caisse pour évaluer sa propre performance.
La hausse des frais de gestion à 3,6 milliards pourrait nourrir un débat législatif sur la transparence et le détail des coûts déclarés par la Caisse dans ses rapports annuels.
Les débats sur les investissements éthiques — Israël, armement, colonies — montrent que la Caisse devra clarifier et renforcer publiquement sa politique d'investissement durable pour répondre aux attentes citoyennes croissantes.
Le double mandat de la Caisse — rendement pour les déposants ET développement économique du Québec — crée des tensions structurelles que les élus soulignent année après année, notamment quand des projets comme le REM ou Nordvolt sous-performent.
L'atteinte de l'objectif 100 milliards d'actifs au Québec (contre 68 milliards en 2020) représente un impact concret sur l'économie québécoise, mais la prochaine phase devra prouver que la qualité des investissements dépasse la quantité.
Les conditions tarifaires imposées par les États-Unis et la renégociation de l'ACEUM ajoutent une pression externe sur les rendements futurs, particulièrement dans le portefeuille nord-américain qui représente près de 40 % des actifs.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Si la tendance de sous-performance par rapport à l'indice se poursuit, la rémunération des dirigeants — calculée sur cinq ans — pourrait commencer à diminuer, ce qui est un signal que le système de gouvernance fonctionne.
Un choc géopolitique majeur en Iran (évoqué par le PDG) pourrait entraîner une période de stagflation mondiale, avec des impacts directs sur les rendements de la Caisse en 2026.
La politique de neutralité de la Caisse face aux événements gouvernementaux devra être clarifiée par écrit, sous peine de voir l'institution perçue comme un outil politique à l'approche des élections d'octobre 2026.
L'ouverture de la nouvelle antenne du REM (vers l'aéroport) et l'ajout de stations pourraient améliorer l'achalandage et rapprocher le rendement du projet de la fourchette cible de 8-9 %.
Les pressions de la société civile sur les investissements liés au conflit à Gaza pourraient forcer la Caisse à adopter une politique d'exclusion plus explicite et transparente, notamment pour les entreprises figurant sur la base de données de l'ONU.
L'objectif de 400 milliards d'actifs climatiques d'ici 2030 pourrait positionner la Caisse comme un acteur de référence mondial en décarbonation, mais exige une rigueur dans la sélection et la vérification des entreprises qualifiées.
La restructuration du portefeuille immobilier (de 80-85 milliards bruts) est en cours, mais le marché reste difficile — un retour à la rentabilité dépendra largement de la capacité de la Caisse à finaliser des transactions importantes en 2026.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Pourquoi la Caisse de dépôt sous-performe-t-elle son propre indice de référence pour une troisième année consécutive, et quand peut-on s'attendre à un renversement de tendance clair?
Les frais de gestion totaux, en hausse de 600 millions en un an, sont-ils entièrement justifiés par les performances obtenues, ou une partie de cette hausse reflète-t-elle une structure de coûts qui grossit indépendamment des résultats?
La rémunération à 5,1 millions du PDG est-elle vraiment acceptable dans une institution qui gère les retraites de travailleurs dont plusieurs voient leurs projections diminuer?
La Caisse peut-elle continuer à affirmer sa neutralité politique tout en prêtant ses locaux à un gouvernement en exercice, à moins d'un an d'une élection générale?
Quand la Caisse adoptera-t-elle une politique d'exclusion transparente et publique pour les entreprises dont les activités contribuent à des violations documentées du droit international, incluant celles figurant sur la liste de l'ONU?
L'investissement dans le REM, dans le bas de sa fourchette de rendement prévue, a-t-il été rentable pour l'ensemble des Québécois, une fois tous les coûts, dépassements et années de construction sans revenu comptabilisés?
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