⚜️ Carney aux Plaines d’Abraham: l’unité… et l’amnésie
Quand Ottawa parle d’« unité », le Québec devrait toujours regarder la facture… et le récit qu’on essaie de nous faire avaler.
Carney n’a pas choisi les Plaines d’Abraham par hasard. Ce lieu, c’est une mémoire. Une conquête. Un traumatisme. Un symbole qui ne “rassemble” pas tout le monde de la même façon. Quand un premier ministre vient là pour parler d’unité, il ne fait pas juste un discours: il fait une mise en scène politique.
Et c’est exactement ce qu’il a fait.
Il part de Wolfe et Montcalm, de la résilience des francophones, de l’idée des “trois peuples”, puis il glisse vers une conclusion très actuelle: le Canada serait un projet commun qu’on doit “choisir” encore, aujourd’hui, face aux menaces du monde, face aux grands blocs, face aux turbulences.
Sur papier, ça sonne noble.
Sauf qu’au milieu de ce récit, Carney échappe une phrase qui dit beaucoup trop: le Québec aurait “choisi deux fois” de rester dans le Canada. Dit comme ça, c’est propre. C’est simple. C’est réglé.
Mais l’histoire réelle est moins propre.
Parce que 1995, ce n’est pas juste une case “décision démocratique” qu’on ferme avec un cadenas. C’est aussi une période contestée, marquée par des controverses sur les dépenses et l’intervention du camp fédéraliste. Le rapport du juge Grenier, mandaté par Élections Québec, a conclu à des dépenses illégales d’Option Canada et du Conseil pour l’unité canadienne pendant la période référendaire. On peut débattre de l’impact exact sur le résultat, oui. Mais on ne peut pas faire semblant que tout ça n’a jamais existé.
Et c’est ça, le problème: Carney ne “rassemble” pas en assumant les zones grises. Il “rassemble” en les effaçant.
Ensuite, il aligne ses chantiers: souveraineté, frontières, justice, sécurité, IA, logement, compétences, emplois, syndicats. Il cherche à projeter une image de chef “solide”, capable de protéger, capable d’agir, capable de livrer.
Mais quand tu grattes un peu, tu vois le vrai test.
Le logement, par exemple. Carney vend “Build Canada Homes” comme une réponse structurante. Une agence. Une machine à construire. Une promesse de vitesse. Mais le logement, ce n’est pas un slogan fédéral: c’est des terrains, des permis municipaux, des infrastructures, de la main-d’œuvre, des matériaux, des coûts, des délais, des goulots. Une agence peut aider. Elle ne fait pas disparaître la réalité.
L’IA, même chose. Il en parle comme d’un futur qu’on doit encadrer, pour éviter les fractures sociales. Parfait. Mais encadrer l’IA, ce n’est pas une intention: c’est des règles, des obligations, de la transparence, des responsabilités juridiques, des choix industriels… et des perdants économiques aussi.
La souveraineté, pareil. Il promet de durcir frontières/sécurité/justice. Là encore, la ligne est mince: protéger sans glisser vers l’excès. Renforcer sans affaiblir les libertés. Faire de la sécurité sans faire du symbolique.
Et au-dessus de tout ça, il y a la vraie question que Carney veut éviter de préciser trop tôt:
Qui paie?
Parce qu’à chaque fois, c’est le même film: Ottawa arrive avec de grands mots, de grandes promesses, des grandes orientations… puis la facture retombe en cascade. Provinces. Municipalités. Contribuables. Services. Québec qui doit s’ajuster, absorber, gérer les conséquences, pendant qu’Ottawa se donne le crédit politique.
Alors oui, Carney est dans sa lancée. Davos, le ton “gravité mondiale”, la posture de leadership. Il débarque à Québec avec un discours d’unité, comme si le décor allait faire le travail.
Mais le Québec n’a pas besoin d’un récit bien emballé.
Le Québec a besoin de vérité, de livrables, et de respect.
Et ça commence par une chose: arrêter de nous raconter notre propre histoire comme si c’était un conte pour enfants.
Ce que je surveille maintenant
Des annonces avec des chiffres et des échéances claires sur Build Canada Homes, pas juste des intentions
Des gestes concrets sur l’IA: règles, obligations, responsabilités, pas juste des valeurs
Les mesures frontières/justice: ce qui est réel, ce qui est symbolique, et ce qui risque de déraper
La méthode Carney: coopération authentique avec le Québec… ou centralisation déguisée
Questions CLÉS
Qu’est-ce qui arrive “vite” après la retraite du Cabinet: lois, budgets, règlements, cibles chiffrées?
Quand Carney parle de 1995, est-ce qu’il assume au moins les controverses, ou il efface tout ce qui dérange?
Frontières/justice: jusqu’où il veut aller, et avec quels garde-fous?
Logement: où est le vrai goulot — argent, main-d’œuvre, permis municipaux, coûts, matériaux?
IA: comment il évite que l’IA enrichisse certains… et écrase le reste?
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Je ne suis pas ici pour répéter la cassette d’Ottawa, ni pour jouer au PR politique.
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