Conférence de presse de Mme Janique Lambert, commissaire au développement durable | 7 mai 2026…
Rapport dévastateur de la commissaire au développement durable : des milliards mal gérés, des inspections absentes et une loi vieille de 20 ans qui ne fonctionne toujours pas.
⭐ INTRODUCTION
Le 7 mai 2026, la commissaire au développement durable, Mme Janique Lambert, a déposé son rapport annuel pour l'année 2025-2026 — et les conclusions sont cinglantes. Trois audits de performance et un bilan sur les 20 ans de la Loi sur le développement durable révèlent des lacunes graves dans la gestion de l'argent public, dans la surveillance des projets miniers et dans le soutien aux infrastructures d'eau municipales. Ce qui frappe le plus : plus de 5,6 milliards de dollars du Fonds d'électrification et des changements climatiques ont été dépensés sans documentation adéquate pour justifier les décisions. Pour la commissaire elle-même, c'est « la plus grande surprise » de l'année. Le cas Northvolt-Lithium — projet minier ayant reçu 250 millions de dollars malgré un avis initialement défavorable — est pointé du doigt. Et pendant ce temps, seulement 2 inspections ont été menées sur 403 projets d'exploration minière autorisés. Un portrait accablant de la gouvernance québécoise en matière d'environnement et de développement durable.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture et présentation de la commissaire Janique Lambert
01:30 📋 Bilan des 20 ans de la Loi sur le développement durable
04:45 ⚡ Audit sur la mise en œuvre du Plan pour une économie verte 2030
09:30 💰 5,6 milliards de dollars sans documentation suffisante
13:00 ⛏️ Audit sur le développement des minéraux critiques et stratégiques
17:00 🔍 Le cas Northvolt-Lithium : avis défavorable devenu favorable
21:00 💧 Audit sur les infrastructures d'eau municipales
25:00 ❓ Période de questions — mines, inspections et arbitraire
28:30 🏛️ Responsabilités municipales et rôle du ministère des Affaires municipales
30:30 🎤 Clôture et synthèse des constats les plus préoccupants
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
La Loi sur le développement durable du Québec a eu 20 ans en avril 2026. Ce bilan d'anniversaire révèle que la culture du développement durable n'est toujours pas véritablement intégrée dans le fonctionnement des ministères et organismes gouvernementaux. Deux rapports obligatoires en vertu de la Loi n'avaient pas été produits par le ministère de l'Environnement dans les délais requis — dont un qui n'a été déposé à l'Assemblée nationale que le matin même de la conférence de presse, soit trois ans en retard.
Par ailleurs, en décembre 2025, le ministère de l'Environnement a annoncé des allègements administratifs quant à l'application de la Loi — des modifications entrées en vigueur immédiatement, alors qu'elles vont à l'encontre des exigences gouvernementales en vigueur jusqu'en 2028. La commissaire y voit un risque réel de recul.
Le Plan pour une économie verte 2030 représente des dépenses prévues de plus de 9,5 milliards de dollars d'ici 2030, financées en grande partie par le Fonds d'électrification et des changements climatiques (FEC). C'est un chantier colossal, piloté par le ministère de l'Environnement — mais audité avec des résultats alarmants.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Ce rapport de la commissaire Lambert est une gifle administrée à l'ensemble de la machine gouvernementale québécoise. Ce n'est pas un audit d'un seul secteur ou d'un seul ministère — c'est un constat systémique : l'argent public est dépensé sans traçabilité, les décisions ne sont pas documentées, et les ministères responsables ne rendent pas de comptes réels.
Le cas le plus frappant demeure le Fonds d'électrification et des changements climatiques. Plus de 5,6 milliards de dollars ont été injectés de 2021 à 2025 dans le Plan pour une économie verte 2030 — et pourtant, pour 88 % des critères utilisés pour évaluer et sélectionner les actions financées, il n'existe aucune documentation. Aucune trace écrite. La commissaire elle-même dit avoir été « très surprise ». En langage citoyen : on ne sait pas pourquoi cet argent a été distribué de cette façon. Et ça devrait nous alarmer.
Le dossier des minéraux critiques et stratégiques soulève d'autres questions troublantes. Un avis initialement défavorable sur un projet minier majeur — que tout le monde a compris comme étant Northvolt-Lithium — a été renversé après des échanges entre le ministère de l'Économie et Investissement Québec. La commissaire est claire : ce changement de posture n'était pas fondé sur les risques miniers, mais sur d'autres considérations — notamment la filière batterie. Ce projet a ensuite coûté beaucoup plus que prévu, l'usine est à l'arrêt à Bécancour, et le total des fonds publics engagés dépasse le milliard de dollars si on inclut le fédéral.
Du côté des infrastructures d'eau municipales, le portrait est tout aussi préoccupant : plus de 10 % des 100 000 kilomètres de conduites et des 10 000 installations sont à risque de défaillance élevée ou très élevée, représentant une valeur de remplacement de plus de 19 milliards de dollars. Le ministère des Affaires municipales n'a pas fourni les orientations claires nécessaires, et les critères du programme PRIMO 2023 sont trop larges pour garantir que les meilleurs projets soient financés en priorité.
Ce qui unit tous ces constats, c'est l'absence de rigueur documentaire — un problème qui, selon la commissaire, ouvre la porte à l'arbitraire et compromet la transparence des décisions prises avec l'argent des contribuables québécois.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
La commissaire Lambert a affirmé être « consternée » par l'ensemble des constats de son rapport — un mot fort, rarement utilisé par une fonctionnaire de ce rang.
Lors de la période de questions, les journalistes ont cherché à savoir si des interventions politiques (et non seulement administratives) avaient influencé le renversement de l'avis sur le projet Northvolt-Lithium. La commissaire a répondu n'avoir examiné que les échanges administratifs, sans aller plus loin.
Le cas Northvolt-Lithium illustre comment la stratégie de la filière batterie, soutenue politiquement au plus haut niveau, aurait pu peser sur des évaluations qui devaient être strictement techniques.
La question d'un risque d'ingérence ou de lobbying dans la sélection des projets d'infrastructure d'eau a été soulevée par les journalistes — la commissaire a esquivé, mais a insisté sur l'importance de documenter les prises de décision pour assurer la transparence et l'imputabilité.
Les allègements administratifs annoncés en décembre 2025 par le ministère de l'Environnement ont été vivement critiqués dans le rapport : ils vont à l'encontre des exigences en vigueur et risquent de décourager les ministères de maintenir leurs efforts en développement durable.
Deux rapports obligatoires n'ont pas été produits dans les délais requis par la Loi. L'un d'eux a finalement été déposé à l'Assemblée nationale le matin même de la conférence de presse — avec trois ans de retard.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
L'absence de documentation pour justifier l'utilisation de milliards de dollars du FEC soulève des enjeux sérieux d'imputabilité gouvernementale et de contrôle parlementaire.
Le non-respect des délais légaux pour la production de rapports obligatoires constitue un manquement direct aux exigences de la Loi sur le développement durable, réduisant la capacité des parlementaires d'évaluer l'action gouvernementale.
Le manque d'inspections des projets d'exploration minière (2 sur 403) expose le gouvernement à des passifs environnementaux potentiellement très coûteux, puisque c'est lui qui devra assumer les frais de restauration en cas de non-conformité.
Le retard dans la révision des plans de réaménagement et de restauration minière accroît le risque que le gouvernement doive assumer des coûts supplémentaires liés à la restauration de sites.
Les municipalités québécoises demeurent fortement dépendantes des transferts gouvernementaux pour financer leurs infrastructures d'eau, ne couvrant en moyenne que 40 % du coût total de leur service d'eau, ce qui fragilise leur autonomie et leur capacité de planification à long terme.
L'absence de critères clairs dans le programme PRIMO 2023 rend impossible toute planification sérieuse pour les municipalités, en particulier les plus petites, qui manquent de ressources humaines et financières.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Des projets climatiques financés par le FEC pourraient ne pas atteindre leurs objectifs faute de jalons de suivi et de documentation — avec des milliards de dollars supplémentaires encore à dépenser d'ici 2030.
Le renversement de l'avis sur Northvolt-Lithium, sans justification documentée ancrée dans les risques miniers, pourrait inciter d'autres acteurs à exercer des pressions similaires sur des évaluations qui devraient rester techniques.
L'acceptabilité sociale des projets miniers dans des régions non habituées à l'industrie (comme les Laurentides) pourrait se détériorer davantage si le gouvernement ne renforce pas ses mécanismes d'inspection et de surveillance.
Sans compteurs d'eau généralisés et sans orientations claires du ministère des Affaires municipales, le déficit d'entretien des infrastructures d'eau continuera de s'accumuler — au détriment des contribuables municipaux.
Les allègements administratifs accordés en décembre 2025 risquent de créer un précédent : les ministères pourraient progressivement se désengager de leurs obligations en développement durable sans que cela soit sanctionné.
Le retard persistant dans l'intégration du développement durable aux processus décisionnels des ministères compromet la crédibilité des engagements climatiques du Québec sur la scène nationale et internationale.
L'absence d'implication des hauts dirigeants gouvernementaux dans la démarche de développement durable laisse cette responsabilité en suspens, sans porteur réel au sein de l'appareil d'État.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Qui a autorisé le renversement de l'avis défavorable sur le projet Northvolt-Lithium, et sur quelle base réelle cette décision a-t-elle été prise?
Comment le gouvernement justifie-t-il l'absence de documentation pour 88 % des critères d'évaluation des actions financées par le FEC — un fonds qui a distribué plus de 5,6 milliards de dollars?
Pourquoi le ministère de l'Environnement a-t-il attendu trois ans pour produire le bilan obligatoire sur l'application de la Loi sur le développement durable, et qui a pris la décision de ne pas le produire dans les délais?
Comment le gouvernement peut-il affirmer sérieusement lutter contre les changements climatiques si les mécanismes de suivi du Plan pour une économie verte 2030 sont aussi déficients?
Quand le gouvernement va-t-il fournir aux municipalités des orientations claires et des ressources suffisantes pour assurer la pérennité des infrastructures d'eau, avant qu'une crise majeure ne survienne?
Les allègements administratifs annoncés en décembre 2025 constituent-ils un recul délibéré sur les engagements de développement durable — et si oui, qui en a pris la décision politique?
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