🌲 Crise forestière : le Québec abandonne ses travailleurs?
Crise forestière au Québec : pendant que les usines ferment, le gouvernement improvise.
⭐ INTRODUCTION
La forêt québécoise est en crise. Une crise sans précédent, pour reprendre les mots mêmes de la ministre des Ressources naturelles et des forêts. Fermetures temporaires, fermetures permanentes, retards dans les travaux sylvicoles, hectares de plantations abandonnés, travailleurs sans filet, communautés dévitalisées — la liste est longue, et les réponses du gouvernement, courtes. Lors de l'étude des crédits budgétaires du volet forêt pour l'exercice 2026-2027, les partis d'opposition ont posé des questions précises, documentées, chiffrées. Ce qu'ils ont obtenu en retour, c'est souvent du renvoi vers d'autres ministres, des chiffres flous, et des promesses déjà entendues. Ce que cette commission révèle surtout, c'est l'ampleur d'un échec systémique dans la gestion de la filière forestière québécoise — une filière qui fait vivre des dizaines de milliers de familles dans toutes les régions du Québec.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la commission et mise en contexte
02:30 🏭 Liste des fermetures temporaires et permanentes d'usines en 2025
07:00 💬 Réponse de la ministre : mesures d'aide et 2,2 milliards annoncés
12:00 👷 Requalification des travailleurs : le gouvernement n'a pas les données
17:30 🪵 Cas type : la scierie Béarn en Abitibi-Témiscamingue
22:00 📉 Programmes d'aide en baisse de 11 millions malgré la crise
26:00 🌲 L'affaire Domtar : un permis obtenu en 19 minutes par appel téléphonique
32:00 🦌 Caribou forestier, aires protégées et 8,5 millions d'hectares en évitement
38:00 🌱 Retards dans les travaux sylvicoles et non-indexation des budgets depuis 2014
43:30 🔥 Reboisement post-feux de forêt : les chiffres qui ne collent pas
49:00 🌳 Densité de plantation : le passage de 2000 à 1600 plants à l'hectare
54:00 📊 Plantations en état critique : de 3226 à 5177 hectares en un an
57:30 💰 Projets pilotes, PL11 et 580 millions pour les régions forestières
59:30 🔚 Suspension des travaux jusqu'à 15h30
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN) a tenu une séance d'étude des crédits budgétaires pour le volet forêt du portefeuille Ressources naturelles et forêts pour l'exercice 2026-2027. La ministre en poste, nommée depuis seulement trois semaines, a dû répondre seule à des années d'accumulation de dossiers non réglés.
Le secteur forestier québécois fait face à une tempête parfaite : tarifs douaniers américains, baisse des mises en chantier, régime forestier vieillissant, pression des aires protégées, dossier du caribou forestier bloqué depuis plus de dix ans, et non-indexation des budgets de travaux sylvicoles depuis 2014. Le projet de loi 97, qui devait réformer le régime forestier, a été abandonné.
L'opposition officielle, représentée principalement par le député de Pontiac André Fortin, et Québec solidaire, représenté par la députée de Verdun, ont tous deux mis en évidence des lacunes graves dans la gestion du dossier. La CAQ défend ses investissements cumulatifs de 2,2 milliards depuis 2023, mais les partis d'opposition questionnent leur efficacité réelle sur le terrain.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Ce qui frappe dans cette commission, c'est d'abord la longueur de la liste des fermetures. André Fortin a nommé, une par une, les usines qui ont fermé temporairement ou définitivement en 2025 seulement. C'est une liste de plusieurs dizaines de sites, dans toutes les régions du Québec. Ce n'est pas une abstraction statistique. Ce sont des familles, des villages, des municipalités entières dont l'économie repose sur ces emplois.
La ministre a répété à plusieurs reprises qu'elle était en poste depuis seulement trois semaines. C'est un fait. Mais ce que l'opposition a bien souligné, c'est que la crise, elle, dure depuis des années. Le projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier a été abandonné. Le dossier du caribou forestier traîne depuis au moins dix ans. Les budgets de travaux sylvicoles ne sont pas indexés depuis 2014. Ce ne sont pas des problèmes qui ont émergé cette semaine.
L'affaire Domtar est révélatrice. Un permis d'exploitation forestière refusé sur la base d'avis techniques internes a été accordé après un appel téléphonique de 19 minutes entre deux fonctionnaires. La communauté de Pessamit, qui n'avait pas été consultée adéquatement, a réagi publiquement avec indignation. Le sous-ministre a expliqué que tout était conforme aux procédures internes. Mais la question de fond demeure : comment une telle décision est-elle possible dans un contexte où les droits des Premières Nations doivent être respectés?
Le dossier du reboisement est également préoccupant. Après les feux de forêt de 2023, le gouvernement avait annoncé 200 millions sur huit ans pour remettre en production 25 000 hectares. Or, le nombre de plants mis en terre en 2025-2026 est pratiquement identique à ce qu'il était avant les feux. En parallèle, le ministère a réduit la densité de plantation de 2000 à 1600 plants par hectare, une décision contestée et que la Colombie-Britannique a abandonnée. Pendant ce temps, les superficies de plantations en état critique sont passées de 3226 à 5177 hectares en un an.
Ce que cette commission révèle, au fond, c'est un gouvernement qui gère la crise forestière à la pièce, avec des mesures d'urgence court terme, sans vision d'ensemble, sans réforme structurelle, et sans données suffisantes pour mesurer l'efficacité de ses interventions. Le PL11, présenté comme la bouée de sauvetage, est lui-même présenté comme un outil partiel et provisoire.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Le député de Pontiac André Fortin a demandé combien de travailleurs forestiers s'étaient tournés vers la requalification suite aux fermetures d'usines. Ni la ministre, ni les sous-ministres n'ont pu fournir de réponse concrète.
La communauté de Pessamit a réagi publiquement avec indignation après qu'un permis de coupe forestière lui ait été accordé à la suite d'un appel téléphonique de 19 minutes, contournant des refus techniques internes.
La députée de Chicoutimi a demandé si le gouvernement reconnaissait que son laxisme contribuait à la dévitalisation des communautés forestières. La ministre a évité de répondre directement à la question.
Le forestier en chef Louis Pelletier a témoigné que des mesures temporaires sur le caribou, adoptées en décembre 2019, n'ont toujours pas été levées six ans plus tard, créant une incertitude persistante pour l'industrie.
La scientificité de la décision de réduire la densité de plantation à 1600 plants par hectare a été contestée, notamment en référence au revirement de la Colombie-Britannique sur ce même sujet.
Le député d'Abitibi-Est a questionné la pertinence de Rex Forêt, filiale d'Investissement Québec, dans l'attribution des contrats sylvicoles. La ministre a admis ne pas avoir examiné la question.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier a été abandonné, laissant le secteur sans cadre modernisé pour faire face aux crises actuelles et futures.
La non-indexation des budgets de travaux sylvicoles depuis 2014 force les entrepreneurs à choisir entre reboiser et entretenir les plantations existantes, aggravant l'état de la forêt.
La proportion de municipalités comptant au moins un travailleur forestier est passée de 83 % en 2015-2020 à 61 % aujourd'hui, traduisant un recul territorial concret de la filière.
Les mesures temporaires d'évitement liées au caribou forestier, adoptées en 2019, n'ont jamais été levées, bloquant l'accès à des millions d'hectares de forêt productive.
Le nombre de plantations en état critique a augmenté de plus de 60 % en un an, passant de 3226 à 5177 hectares, signalant un problème croissant dans l'entretien du patrimoine forestier québécois.
La fermeture de la scierie Béarn en Abitibi-Témiscamingue, annoncée pour le 10 juillet, illustre l'incapacité du régime forestier actuel à offrir une viabilité économique aux petites scieries régionales.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Sans réforme du régime forestier et sans indexation des budgets sylvicoles, le nombre de fermetures permanentes d'usines risque de continuer à augmenter en 2026 et 2027.
Les communautés autochtones, comme Pessamit, pourraient continuer à voir leurs droits contournés si les mécanismes de consultation ne sont pas réformés en profondeur.
L'incertitude sur les superficies disponibles à la récolte, liée au caribou forestier et aux projets d'aires protégées, rend la planification industrielle quasi impossible pour plusieurs entreprises.
La réduction de la densité de plantation à 1600 plants par hectare, si elle n'est pas réévaluée, pourrait entraîner des rendements forestiers inférieurs à long terme et compromettre la productivité des forêts publiques.
Les travailleurs sylvicoles qui dépendent des contrats de reboisement pour leur saison de travail font face à une précarité croissante, aggravée par les retards dans la signature des contrats et l'incertitude budgétaire.
La dévitalisation des régions forestières risque de s'accélérer si aucune politique structurelle n'est mise en place pour maintenir les emplois et attirer de nouveaux repreneurs dans les usines qui ferment.
Sans données de suivi adéquates sur le devenir des travailleurs après les fermetures, le gouvernement navigue à l'aveugle dans sa réponse sociale à la crise.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Combien de travailleurs forestiers ont réellement bénéficié des programmes de requalification suite aux fermetures d'usines depuis 2023, et à quelle hauteur?
Comment le gouvernement peut-il affirmer investir massivement en sylviculture alors que le nombre de plants mis en terre stagne et que les superficies en état critique augmentent?
Pourquoi les mesures temporaires d'évitement liées au caribou forestier, adoptées en décembre 2019, sont-elles toujours en vigueur six ans plus tard?
Est-ce que le ministère des Ressources naturelles et des forêts a évalué les résultats de la densité de plantation réduite à 1600 plants par hectare, et compte-t-il réévaluer cette orientation à la lumière des expériences d'autres provinces?
Quel mécanisme concret le gouvernement entend-il mettre en place pour garantir une consultation réelle et respectueuse des communautés autochtones avant toute autorisation de coupe forestière?
Dans quel délai le gouvernement entend-il déposer une véritable réforme du régime forestier, maintenant que le projet de loi 97 a été abandonné?
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