💥 Éric Girard perd le peu de crédibilité qu’il lui restait
Un ministre des Finances qui accuse un référendum hypothétique au lieu d’assumer son propre bilan.
Un ministre des Finances qui fait campagne sur la peur avoue qu’il n’a plus de bilan à défendre.
Le ministre des Finances Éric Girard vient de tenter quelque chose de dangereux : transformer une hypothèse politique future en facture financière immédiate. Selon lui, la “perspective référendaire” coûterait déjà environ 20 millions par année en intérêts, soit 100 millions sur cinq ans.
C’est une opération de communication habillée en chiffre. Et c’est exactement comme ça qu’un ministre des Finances perd le peu de crédibilité qui lui restait.
Aujourd’hui, Girard ne s’est pas contenté de commenter l’actualité. Il a voulu installer dans la tête du monde l’idée suivante : débattre, voter, choisir… ça se paie. Et pas plus tard. Maintenant.
Il prétend que la perspective référendaire ajoute une petite “prime” au coût d’emprunt du Québec. Puis il fait le calcul devant tout le monde : quelques points de base appliqués à des dizaines de milliards d’emprunts, et tu arrives à des dizaines de millions. Le chiffre paraît propre. Ça sonne “sérieux”. Ça a l’air d’une démonstration.
Mais quand tu regardes ce qu’il fait réellement, tu vois le problème : il ne démontre pas seulement un écart. Il affirme une cause.
Il te dit que l’écart de taux, s’il existe, est causé par le référendum.
Et ça, il ne le prouve pas.
Il ne publie pas de note technique du ministère. Il ne dépose pas une comparaison complète par échéance, par émission, par période. Il ne montre pas comment il isole l’effet “référendum” de tout le reste. Il ne contrôle pas les facteurs macro, la volatilité, la liquidité, les tendances de marché, les différences de structure de dette, les perceptions liées aux déficits, ni la crédibilité budgétaire.
Il lance une attribution politique… et il te demande un acte de foi.
Or, sur la dette et les intérêts, un ministre des Finances n’a pas le droit de fonctionner comme un commentateur. La rigueur n’est pas optionnelle.
Ce qui rend la sortie d’aujourd’hui encore plus discutable, c’est la réalité la plus simple : les marchés ne financent pas des scénarios. Ils financent une trajectoire.
Ce que les marchés et les agences de notation regardent, c’est concret : niveau de déficits, capacité de retour à l’équilibre, discipline des dépenses, solidité des projections, stabilité de la trajectoire, cohérence entre les annonces et les résultats.
C’est ça qui fabrique une prime de risque. Pas une hypothèse politique floue, non datée, non déclenchée, dépendante d’une élection future et d’un mandat qui n’existe pas.
Et c’est ici que Girard révèle son vrai problème.
Au lieu d’assumer la trajectoire financière du gouvernement, il préfère déplacer le débat. Il préfère te parler d’un référendum potentiel plutôt que de te parler de ce que les marchés évaluent réellement quand ils regardent le Québec.
Parce que la CAQ, depuis huit ans, c’est toujours la même mécanique : quand ça va bien, c’est grâce à eux. Quand ça va mal, c’est la faute des autres.
Aujourd’hui, l’ennemi commode, c’est la “perspective référendaire”.
Mais le Québec s’est fait abaisser par Standard & Poor’s en 2025. Ça, ce n’est pas un discours. Ce n’est pas un point de presse. Ce n’est pas une “perception”. C’est une décision formelle, basée sur une évaluation du risque et des finances publiques. Et une décote, dans le monde du financement, ce n’est pas une anecdote : c’est un signal.
Alors si Girard veut nous convaincre que le coût d’emprunt du Québec s’explique par un référendum hypothétique, qu’il commence par expliquer pourquoi on a perdu du terrain en crédibilité financière. Qu’il assume les éléments concrets avant de fabriquer des coupables politiques.
Le plus troublant, c’est que sa sortie sert surtout à effacer sa responsabilité.
Il transforme un enjeu de finances publiques en enjeu d’opposition. Il transforme une facture d’intérêts liée à la confiance, aux déficits et à la trajectoire budgétaire en facture liée à un débat démocratique.
C’est pratique. Parce que si tu blâmes “la perspective référendaire”, tu n’as plus à rendre des comptes sur ce qui relève de toi : discipline budgétaire, cohérence des projections, sérieux des plans, capacité de rassurer.
Et c’est là que la question de la crédibilité devient centrale.
Pour que les gens avalent ce discours, il faut qu’ils croient Girard. Or, depuis son mandat, ses prévisions et ses communications budgétaires ont souvent été loin de l’atterrissage réel. On a vu des budgets où les résultats finaux dévient massivement des annonces, parfois dans un sens, parfois dans l’autre. Quand ça arrive une fois, c’est l’imprévu. Quand ça arrive à répétition, c’est la crédibilité qui s’érode.
Donc quand ce même ministre arrive aujourd’hui en te disant, avec aplomb, qu’un surcoût précis est causé par un facteur politique, sans publier la méthode complète, ce n’est pas de la rigueur. C’est de la stratégie.
Et c’est exactement pour ça qu’il vient de perdre le peu de crédibilité qu’il lui restait.
Il ne demande pas au public d’analyser. Il demande au public de croire.
“Croyez-moi : vos intérêts montent à cause d’une perspective.”
Alors que la réalité la plus logique, la plus cohérente, la plus vérifiable, c’est celle-ci : si le Québec paie plus cher, c’est d’abord parce que les marchés évaluent le risque sur la base du bilan, des déficits et de la discipline budgétaire — pas sur la base d’un scénario politique qui n’est ni certain, ni déclenché, ni daté.
Et il y a un autre non-dit, encore plus grave.
Cette sortie n’est pas seulement une explication économique. C’est un message politique. Ça ressemble à : “si vous votez mal, ça va vous coûter cher.”
Quand un ministre des Finances en arrive à monnayer la peur, il avoue qu’il n’a plus de récit économique solide à défendre. Il préfère mettre la pression sur la population plutôt que de rendre des comptes sur la gestion. Il transforme les finances publiques en outil de campagne.
La vraie question, maintenant, elle est simple.
Si Girard est certain que le surcoût vient du référendum, qu’il le prouve. Qu’il dépose une note technique officielle. Qu’il montre les données, la méthode, l’isolement de la variable “référendum” face aux déficits, à la décote, aux taux de base, à l’inflation, aux conditions de marché, aux comparatifs interprovinciaux, aux échéances, à la liquidité.
S’il ne le fait pas, sa déclaration reste ce qu’elle est : une accusation politique emballée en chiffre.
Conclusion : le Québec n’a pas un problème de référendum. Il a un problème de ministre des Finances.
Ce qu’on paie aujourd’hui, ce n’est pas le prix d’un vote qui n’a pas eu lieu. Ce qu’on paie, c’est le prix d’un gouvernement qui gère l’image, blâme les autres, et refuse d’assumer la trajectoire qu’il impose lui-même aux finances publiques.
Et quand le ministre des Finances en arrive à facturer un référendum hypothétique pour expliquer les intérêts d’aujourd’hui, ce n’est pas une analyse.
C’est une diversion.
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