Interpellation : ⚠️ 1800 organismes en grève — le gouvernement regarde ailleurs
Le communautaire à bout : quand l'État consulte pendant que ses travailleuses font la file aux banques alimentaires.
⭐ INTRODUCTION
Plus de 1 800 organismes communautaires sont en grève jusqu’au 2 avril 2026. Leurs travailleuses — qui représentent 80 % du secteur — s’épuisent depuis des années à faire des miracles avec des budgets de misère, à remplir des formulaires plutôt qu’à aider des gens, et à déformer leur mission pour entrer dans des cases de financement par projet. Ce que l’on a appris à la Commission des relations avec les citoyens cette semaine est brutal : certaines de ces travailleuses fréquentent elles-mêmes des banques alimentaires. En face, la ministre propose un processus de consultation — le PAGAC — dont la révision s’étirera sur des années. APDQ était là pour décortiquer ce que ce débat révèle de l’État québécois face à son propre filet social.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
0:00 — Ouverture de la commission et annonce des remplacements
0:58 — Déclaration d’ouverture : le député de Taschereau cadre l’enjeu
6:49 — Le financement par projet : source de l’épuisement
8:08 — Le financement à la mission globale : la solution réclamée
13:00 — La ministre prend la parole
45:00 — Séries d’intervention : les oppositions questionnent
1:30:00 — La CAQ tente de défendre son bilan
1:59:15 — Rigueur budgétaire et déresponsabilisation municipale
2:00:39 — Demandes concrètes et clôture
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le mouvement «Le communautaire à bout» regroupe plus de 1 800 organismes qui ont déclenché une grève reconductible jusqu’au 2 avril 2026. Ce mouvement n’est pas né du vide : il est l’aboutissement d’années de sous-financement structurel, de précarité chronique et d’un modèle de financement par projet qui épuise les organisations sans leur donner de stabilité réelle.
La Commission des relations avec les citoyens a tenu une interpellation sur cet enjeu, donnant la parole à la ministre responsable et aux partis d’opposition. Le député de Taschereau (QS), la députée de Chicoutimi (PQ) et d’autres élus ont posé des questions directes sur les engagements du gouvernement — et ont obtenu des réponses essentiellement procédurales.
La ministre a mis de l’avant deux avancées : la création d’un poste ministériel dédié au communautaire, et la révision en cours du PAGAC (Plan d’action gouvernemental en action communautaire). L’opposition a unanimement jugé ces réponses insuffisantes face à l’urgence.
Le contexte politique aggrave la paralysie : la CAQ traverse une course à la direction entre Bernard Drainville et Christine Fréchette, ce qui rend toute prise d’engagement financier ferme encore moins probable avant les élections d’octobre 2026.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Le nœud du problème est connu, documenté, et répété depuis des années : le financement par projet force les organismes communautaires à consacrer une part démesurée de leur énergie à remplir des formulaires, à justifier leur existence à chaque cycle budgétaire, et à déformer leur mission pour coller à des appels ponctuels qui n’ont rien à voir avec leurs besoins réels. Ce n’est pas de la gestion, c’est de la survie administrative.
La solution réclamée est simple et cohérente : le financement à la mission globale. Autrement dit, on finance ce qu’un organisme fait dans sa communauté, durablement, plutôt que de lui payer des projets isolés. Cette approche existe. Elle est défendue par des experts. Elle est réclamée depuis des décennies. Et elle est systématiquement reportée.
Ce qui choque dans les révélations de cette commission, c’est l’ampleur humaine de la crise. Des travailleuses du communautaire — des gens dont le métier est d’aider les autres — fréquentent elles-mêmes des banques alimentaires. Elles se qualifient pour des HLM. Pendant ce temps, l’État les exige disponibles, compétentes, souriantes et reconnaissantes.
La proposition de la CAQ d’impliquer les municipalités dans le financement du communautaire est particulièrement révélatrice. Ce n’est pas une solution, c’est une façon de se décharger sur un palier de gouvernement qui n’a ni le mandat ni les capacités fiscales d’assumer ce rôle. C’est de la déresponsabilisation habillée en partenariat.
Enfin, l’argument de la rigueur budgétaire utilisé par le gouvernement pour justifier l’absence d’engagement financier tombe à plat quand on réalise que le milieu communautaire rend des comptes beaucoup mieux que l’État lui-même — qui a perdu des milliards dans des dépassements de coûts de toutes sortes. Exiger de la rigueur à ceux qui font des miracles avec des miettes, tout en ignorant ses propres échecs, c’est du deux poids deux mesures.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
L’opposition (QS, PQ) a unanimement dénoncé le titre de ministre sans budgets supplémentaires, le comparant ironiquement au ministère de la «mobilité durable» au Transport — un symbole vide qui ne change rien sur le terrain.
Le député de Taschereau (QS) a réclamé quatre engagements précis : financement à la mission globale, renversement de la fusion des fonds communautaires, table de discussion immédiate, et attribution d’une part concrète du 250 M$ promis au secteur.
La députée de Chicoutimi (PQ) a exigé des engagements immédiats, refusant catégoriquement la réponse habituelle : «on va consulter».
La CAQ a tenté de défendre son bilan en soulignant la création du poste ministériel et le PAGAC — des avancées que l’opposition a qualifiées d’insuffisantes et de décalées par rapport à l’urgence.
La proposition de décharger le financement sur les municipalités a soulevé une indignation unanime des partis d’opposition, qui y voient une abdication claire de la responsabilité de l’État provincial.
La fusion contestée du Fonds québécois d’initiatives sociales et du Fonds d’aide à l’action communautaire autonome n’a pas été renversée, malgré les demandes répétées.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Sans engagement financier concret de la part du gouvernement, les 1 800 organismes en grève maintiennent leur pression, privant des milliers de personnes vulnérables de services essentiels au quotidien.
La fusion des deux fonds communautaires reste en vigueur, malgré les critiques persistantes qui soutiennent qu’elle a affaibli la capacité de financement des organismes d’action communautaire autonome.
Le modèle de financement par projet force les organismes à plier leur mission aux exigences des appels de fonds ponctuels plutôt qu’à la réalité de leur communauté.
Des travailleuses du secteur vivent sous le seuil de la pauvreté, une réalité qui illustre concrètement l’échec structurel d’une politique de rémunération insuffisante.
La révision du PAGAC, présentée comme une avancée, est un processus qui s’étire sur des années — incompatible avec l’urgence déclarée par le mouvement de grève.
Le glissement vers un cofinancement municipal créerait une inégalité territoriale : les organismes des régions moins riches seraient encore plus défavorisés.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Détérioration accélérée des services aux personnes vulnérables si la grève se prolonge au-delà du 2 avril.
Aggravation de la crise de rétention dans le secteur : des travailleuses qualifiées quitteront un domaine qui ne peut pas les nourrir.
Perte de confiance durable envers le gouvernement de la part du milieu communautaire, qui perçoit une absence de volonté politique réelle.
Risque de fermeture d’organismes incapables d’absorber encore une année de gel ou de sous-financement.
Transfert silencieux de la responsabilité sociale vers les municipalités, sans ressources correspondantes.
Affaiblissement du filet social dans les régions où le communautaire est le seul filet existant entre les citoyens et l’isolement total.
Entrée dans la campagne électorale d’octobre 2026 avec un secteur mobilisé, en colère et potentiellement capable de peser sur le vote.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
La ministre s’engagera-t-elle à renverser la fusion des fonds communautaires, ou attendra-t-elle que la prochaine direction de la CAQ le fasse ?
Quand les organismes obtiendront-ils enfin un financement stable à la mission plutôt qu’un financement par projet qui les épuise ?
Comment un gouvernement qui invoque la rigueur budgétaire peut-il justifier que ses propres dépassements de coûts se chiffrent en milliards, pendant que des travailleuses du communautaire font la file aux banques alimentaires ?
La future direction de la CAQ — Drainville ou Fréchette — prendra-t-elle des engagements fermes et chiffrés envers le communautaire avant les élections ?
Le PAGAC peut-il réellement répondre à une urgence sociale quand sa révision s’étire sur des années ?
Est-il acceptable que l’État confie aux municipalités une responsabilité sociale qu’il refuse d’assumer lui-même ?
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