Abolir la TVQ sur les achats usagés : le Parti québécois veut remettre des milliers de dollars dans les poches des Québécois — mais est-ce suffisant face à la crise du coût de la vie ?
⭐ INTRODUCTION
En pleine campagne électorale provinciale, le Parti québécois a tenu un point de presse à Trois-Rivières pour dévoiler le premier volet de son plan sur le coût de la vie. La mesure phare : abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) — environ 10 % — sur tous les achats de biens usagés, qu'il s'agisse de voitures, de meubles, d'électroménagers, de vêtements ou d'équipements sportifs. Le chef du PQ, un porte-parole du Parti québécois, entouré de plusieurs candidats de la région, a présenté cette annonce comme une réponse directe à l'appauvrissement des Québécois sous huit ans de gouvernement CAQ. Selon le PQ, un seul mandat d'achat — une voiture usagée, un électroménager et quelques vêtements de seconde main — représenterait une économie de plus de 3 000 $ pour une famille. La mesure s'inscrit également dans une logique environnementale et d'économie circulaire, déjà annoncée en filigrane dans le plan environnemental du parti.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Accueil à Trois-Rivières et présentation des candidats
01:10 📋 Bilan du plan de ménage annoncé la veille — 1,6 milliard $ d'économies
02:05 📈 Constat : l'appauvrissement des Québécois sous la CAQ
03:20 🛍️ Annonce officielle — abolition de la TVQ sur les biens usagés
04:45 🚗 Exemples concrets : voiture, électroménager, vêtements
05:40 💰 Calcul des économies — jusqu'à 3 800 $ pour un jeune qui s'installe
06:55 🌱 Cohérence avec le plan environnemental et l'économie circulaire
07:50 🏭 Soutien aux entreprises québécoises du secteur de l'usagé
08:50 🗓️ Promesse d'autres annonces sur le coût de la vie dans les prochains jours
09:20 🎤 Période de questions
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le point de presse se tient en pleine campagne électorale québécoise en vue du scrutin du 5 octobre 2026. Le PQ cherche à se positionner comme le parti de la classe moyenne et des ménages à faible revenu, en contraste direct avec le bilan de la CAQ en matière de coût de la vie.
La veille, le parti avait présenté un plan de réduction des dépenses gouvernementales visant à récupérer 1,6 milliard de dollars par année, notamment en s'attaquant à la bureaucratie et aux subventions opaques à des entreprises privées. L'abolition de la TVQ sur les biens usagés s'inscrit dans ce plan de réallocation des priorités.
Le porte-parole du PQ rappelle que la promesse centrale de la CAQ en 2018 était de remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois — une promesse qu'il juge non tenue, au regard de la hausse des loyers, de l'épicerie et de l'énergie depuis cette date.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
La mesure annoncée est simple, concrète et compréhensible. C'est l'une de ses grandes forces. Dans un contexte de campagne électorale où les électeurs sont souvent noyés sous les chiffres et les promesses abstraites, dire « achète une voiture usagée et tu économises 2 800 $ de taxe » frappe directement.
L'angle environnemental est habile. En couplant le pouvoir d'achat à l'économie circulaire, le PQ tente de rejoindre à la fois les familles qui peinent à la fin du mois et les citoyens soucieux de réduire leur empreinte écologique. Ce n'est pas un hasard si la mesure avait été annoncée « en filigrane » dans le plan environnemental du parti.
Sur le plan de l'équité fiscale, l'argument mérite réflexion. La TVQ frappe proportionnellement plus fort les ménages à faibles revenus, qui consomment davantage de biens usagés par nécessité. Supprimer cette taxe sur ce segment spécifique agit donc comme une mesure progressiste déguisée, sans toucher aux revenus des mieux nantis.
Reste la question de la faisabilité administrative. Délimiter ce qui constitue un « bien usagé » pour fins fiscales peut devenir un casse-tête pour les commerçants, les plateformes de revente et les inspecteurs du ministère du Revenu. Le PQ n'a pas encore détaillé le cadre réglementaire exact.
Enfin, le coût fiscal de la mesure n'a pas été chiffré clairement lors du point de presse. Si des milliers de dollars sont retirés des poches de l'État, d'où viendra la compensation pour maintenir les services publics ? C'est une question que les journalistes et les citoyens devront poser dans les prochains jours.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Le chef du PQ a présenté la mesure avec des exemples personnels — sa sécheuse usagée à moins de 100 $, l'équipement de hockey de sa fille — pour humaniser une annonce fiscale parfois perçue comme froide.
La réaction initiale à Trois-Rivières semble positive, le porte-parole soulignant lui-même une plus grande affluence que lors du point de presse de 2022 dans la même ville.
La CAQ est directement ciblée comme responsable de l'appauvrissement des Québécois depuis 2018 — un cadrage politique que le gouvernement sortant contestera assurément.
La mesure s'adresse explicitement à la classe moyenne et aux plus démunis, en rupture avec ce que le PQ décrit comme des « cadeaux aux plus riches » sous la CAQ.
Le secteur des friperies et entreprises de revente de vêtements usagés est identifié comme un bénéficiaire direct — un secteur en forte croissance qui gagne ainsi une reconnaissance politique formelle.
Plusieurs candidats régionaux (Champlain, La Violette-Saint-Maurice, Masquinongé, Nicolet-Bécancourt, Terrebonne, Hochelaga-Maisonneuve) étaient présents, illustrant la portée nationale de l'annonce, pas seulement locale.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Une modification de la Loi sur la taxe de vente du Québec serait nécessaire pour exclure les biens usagés de l'assiette fiscale de la TVQ.
Le ministère du Revenu du Québec devrait établir une définition juridique claire de « bien usagé » pour éviter les abus et la confusion dans l'application.
Les plateformes de revente en ligne (Facebook Marketplace, Kijiji, etc.) seraient potentiellement concernées, soulevant des enjeux de conformité numérique.
Les jeunes adultes qui s'établissent pour la première fois seraient parmi les premiers bénéficiaires, avec des économies estimées à 3 800 $ pour l'aménagement complet d'un appartement en biens usagés.
Les entreprises du secteur de l'économie circulaire pourraient connaître une croissance accélérée, créant un incitatif économique favorable à la réduction des déchets.
La mesure pourrait également réduire la pression sur les centres de tri et les sites d'enfouissement, en stimulant la demande pour les biens de seconde main.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Pouvoir d'achat immédiat : économies concrètes de 100 $ à 2 800 $ selon le type d'achat usagé effectué.
Stimulation de l'économie circulaire : croissance potentielle des friperies, marchés aux puces, plateformes de revente et entreprises de reconditionnement.
Réduction des inégalités : les ménages à faible revenu, qui consomment plus de biens usagés, bénéficieraient proportionnellement davantage.
Manque à gagner fiscal non chiffré : sans données claires sur le coût de la mesure pour les finances publiques, une zone d'incertitude demeure.
Complexité administrative : définir, contrôler et appliquer la notion de « bien usagé » représente un défi réglementaire non négligeable.
Signal politique fort : la promesse de mise en œuvre « le lendemain » d'une élection le 5 octobre est un engagement ferme qui sera rappelé si le PQ forme le gouvernement.
Pression sur les autres partis : une mesure populaire et tangible oblige les adversaires à se positionner — pour ou contre — dans les prochaines semaines de campagne.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Quel est le coût fiscal annuel exact de l'abolition de la TVQ sur les biens usagés, et comment le PQ entend-il compenser ce manque à gagner ?
Comment la notion de « bien usagé » sera-t-elle définie juridiquement pour éviter les abus et les zones grises à la frontière du neuf et de l'occasion ?
Les ventes entre particuliers sur les plateformes numériques seront-elles incluses dans la mesure, et si oui, comment seront-elles contrôlées ?
Quelles autres mesures sur le coût de la vie le PQ entend-il annoncer dans les prochains jours, et formeront-elles un plan chiffré et équilibré ?
La CAQ et les autres partis d'opposition vont-ils emboîter le pas avec des propositions similaires, ou s'y opposer frontalement ?
Ce type de mesure ciblée est-il suffisant pour compenser l'ampleur de la crise du coût de la vie vécue par les Québécois depuis 2018 ?
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