🧠 PL23 : droits des patients en santé mentale au cœur du débat!
PL23 : quand le parlement s'interroge sur les droits des patients en santé mentale — travaux en commission, article par article, débat citoyen.
⭐ INTRODUCTION
Le 10 juin 2026, la Commission de la santé et des services sociaux (CSSS) de l'Assemblée nationale du Québec poursuivait l'étude détaillée du projet de loi numéro 23, une loi visant à mieux accompagner les personnes dont l'état mental pourrait représenter un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Pendant près de deux heures et vingt minutes, élus, juristes et experts médicaux ont disséqué article par article un texte législatif qui touche à des enjeux fondamentaux : le consentement aux soins, la communication de renseignements personnels entre intervenants, et l'introduction des directives psychiatriques anticipées (DPA) en droit québécois. Les échanges ont mis en lumière des zones grises importantes, notamment sur la possibilité de déclencher un processus d'action concertée sans le consentement de la personne visée, sur le droit des mineurs, sur la représentation des usagers dans les instances nationales, et sur les communautés autochtones non conventionnées. Un débat dense, technique, mais profondément humain.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la commission et remplacements annoncés
04:00 📋 Article 13.5 — Communication de renseignements personnels entre intervenants
10:00 🔍 Article 13.6 — Consentement libre et éclairé : obligations de l'intervenant désigné
28:00 🧠 Personnes avec déficience intellectuelle, TSA et enjeux cognitifs : comment assurer le consentement?
45:00 🚫 Article 13.7 — Déclenchement du PAC sans consentement : capacité limitée et méfiance
01:08:00 ⚖️ Amendement sur le secret professionnel des avocats et notaires
01:15:00 🏁 Article 13.8 — Fin du processus d'action concertée : qui décide et comment?
01:30:00 🏛️ Article 13.9 — Entente-cadre nationale : les signataires, les absents et les amendements
01:50:00 🌍 Communautés autochtones non conventionnées : qui les représente?
01:58:00 📝 Articles 13.11 à 13.13 — Directives psychiatriques anticipées : portée, limites et droits des patients
02:15:00 ✅ Adoption d'amendements et ajournement des travaux
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le projet de loi 23 s'inscrit dans une volonté de moderniser la Loi sur la protection des personnes présentant une altération de leur état mental — communément appelée la loi P-38. Il introduit notamment le processus d'action concertée (PAC), qui permet à plusieurs intervenants de différents secteurs (santé, services sociaux, sécurité publique, communautaire) de coordonner leurs actions autour d'une personne en situation de vulnérabilité mentale.
L'une des pierres angulaires du projet reste le consentement libre et éclairé, mais le texte prévoit des exceptions : dans deux situations précises, un PAC peut être déclenché sans le consentement de la personne, ce qui a suscité des questions et des mises en garde de la part du Protecteur du citoyen et de membres de la commission.
Le PL23 introduit également les directives psychiatriques anticipées (DPA), un mécanisme inédit au Québec permettant à une personne majeure apte de consentir à l'avance à des soins et à un transport en cas d'inaptitude temporaire liée à son trouble mental. Un budget de l'ordre de 4,5 millions sur trois ans est prévu pour la mise en œuvre du PAC et des outils de soutien connexes.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Au cœur du débat se trouve une tension fondamentale : comment protéger efficacement une personne en crise tout en respectant ses droits fondamentaux? Le PAC sans consentement, prévu à l'article 13.7, en est l'exemple le plus parlant. La possibilité de déclencher un processus d'intervention coordonné en raison d'une « méfiance » à l'égard des services — un terme que plusieurs, dont le Protecteur du citoyen, jugent problématique — ouvre la porte à des applications potentiellement trop larges.
Les échanges ont aussi révélé une préoccupation récurrente : les populations marginalisées (personnes en situation d'itinérance, travailleuses du sexe, membres des Premières Nations) entretiennent souvent une méfiance historiquement fondée envers les institutions. Utiliser cette méfiance comme critère pour justifier une intervention sans consentement pourrait, selon certains élus, pénaliser la vulnérabilité plutôt que la protéger.
Sur les directives psychiatriques anticipées, les travaux ont mis en lumière plusieurs zones d'ombre pratiques : qu'arrive-t-il si une personne refuse le transport au moment où sa DPA est activée? Peut-on exclure un établissement ou un professionnel? Que se passe-t-il pour les mineurs (non couverts dans cette phase)? Et dans les communautés éloignées où les services locaux sont limités? Autant de questions légitimes auxquelles les réponses restent partielles.
Enfin, l'ajout, par amendement, d'un représentant des usagers dans l'entente-cadre nationale est un signal positif. La voix des personnes directement concernées doit absolument être présente aux tables de décision qui vont baliser leur vie. L'intention est bonne; encore faudra-t-il s'assurer que ce représentant soit réellement issu du vécu et non seulement du milieu institutionnel.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Le Protecteur du citoyen a exprimé des réserves importantes sur le PAC sans consentement, estimant que les critères (capacité limitée et méfiance) ciblent une clientèle trop large et risquent de produire l'effet contraire : « protéger sans engager, intervenir sans responsabiliser ».
Des membres de la commission ont soulevé la nécessité de préciser que la fin du processus d'action concertée doit être décidée en concertation, et non unilatéralement par l'intervenant désigné qui l'a déclenché.
La question de l'inclusion des mineurs dans les DPA a été soulevée : ils sont exclus pour l'instant, mais la porte est laissée ouverte à des travaux ultérieurs.
Les communautés autochtones non conventionnées ne signeraient pas l'entente-cadre nationale, ce qui soulève une interrogation sur la représentation de leurs intérêts dans le cadre du PL23.
Le terme « méfiance » dans l'article 13.7 a été contesté comme potentiellement stigmatisant; les experts ont tenté de le défendre comme terme clinique neutre, sans conviction unanime de l'auditoire.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
L'article 13.7 légalise la possibilité d'un PAC sans consentement, une mesure préventive en amont du P-38, avec des garde-fous qui restent à éprouver sur le terrain.
L'introduction des DPA représente une avancée concrète pour l'autonomie des personnes vivant avec un trouble mental, en leur permettant d'encadrer à l'avance les interventions qui leur seront imposées en cas d'inaptitude temporaire.
L'amendement protégeant le secret professionnel de l'avocat et du notaire dans le cadre du partage de renseignements entre intervenants renforce les droits fondamentaux.
L'ajout d'un représentant des usagers dans l'entente-cadre nationale marque une reconnaissance formelle de la place des personnes concernées dans la gouvernance du système.
Le budget prévu (4,5 millions sur trois ans pour le PAC) demeure sujet à révision annuelle, sans garantie de suffisance à long terme.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Des personnes en situation d'itinérance, appartenant à des minorités ou entretenant une méfiance historique envers les institutions pourraient être ciblées par un PAC sans consentement sans garde-fous suffisants.
Le manque de représentation des communautés autochtones non conventionnées dans l'entente-cadre nationale pourrait créer des inégalités dans la mise en œuvre du PL23 selon les territoires.
L'exclusion temporaire des mineurs des DPA laisse une population vulnérable sans cet outil de protection anticipée.
La mise en œuvre des DPA nécessite la création de nouveaux formulaires, de formations cliniques et d'un registre — autant de défis organisationnels qui pourraient retarder l'application concrète de la loi.
La désignation d'un représentant des usagers dans l'entente-cadre nationale est une ouverture positive, mais son efficacité dépendra du processus de sélection réel.
Les services policiers et ambulanciers, appelés à jouer un rôle dans le déclenchement des DPA, devront être formés adéquatement pour respecter les volontés exprimées.
Le risque de banalisation du PAC sans consentement, si les critères restent flous, pourrait miner la confiance des populations vulnérables envers le système de santé.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Le critère de méfiance à l'égard des services comme déclencheur d'un PAC sans consentement est-il suffisamment balisant pour éviter des abus envers des populations déjà marginalisées?
Pourquoi les mineurs sont-ils exclus des directives psychiatriques anticipées alors que la loi P-38 s'applique déjà à eux?
Comment les communautés autochtones non conventionnées seront-elles véritablement protégées et entendues dans un cadre qui ne les inclut pas comme signataires de l'entente-cadre nationale?
Le budget prévu (4,5 millions sur trois ans) est-il réaliste pour implanter l'ensemble des mesures du PL23, incluant les PAC, les DPA et les formations?
Qui garantit que le représentant des usagers dans l'entente-cadre nationale sera véritablement issu du vécu et non du milieu institutionnel?
Le processus de fin du PAC est-il suffisamment encadré pour éviter qu'un seul intervenant puisse mettre fin unilatéralement à un processus collectif?
❤️ Merci d'être ici
Merci de suivre APDQ et de t'intéresser à la politique québécoise avec un regard citoyen, libre et indépendant. On continue ensemble.
🔵 Découvre APDQ partout
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UChb298sZlCxkN0BbyPdWYTg
Facebook : https://www.facebook.com/APDQavecDominick/
TikTok : https://www.tiktok.com/@dominickapdq
X : https://x.com/
Threads : https://www.threads.com/@actualite_politique_du_quebec
Bluesky : https://bsky.app/profile/apdq.bsky.social
Instagram : https://www.instagram.com/actualite_politique_du_quebec/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/apdq/
Rumble : https://rumble.com/c/APDQ
Odysee : https://odysee.com/@Actualitepolitiqueduquebec:0
Site web : https://actualitepolitiqueduquebec.com
💛 Soutenir APDQ
Carte de crédit : https://buy.stripe.com/aEU01ifePaBTfLi6oo
PayPal : https://www.paypal.com/paypalme/DominickJasmin
Interac : virement@actualitepolitiqueduquebec.com (réponse : Dominick)
