🗳️ PL3 adopté : la carte électorale du Québec va changer
Projet de loi 3 adopté en commission : la carte électorale du Québec se refait une beauté — mais à quel prix démocratique?
⭐ INTRODUCTION
La Commission des institutions a complété ce 9 juin 2026 l'étude détaillée du projet de loi numéro 3, visant à assurer la représentation effective des électeurs et électrices du Québec. Au terme d'un processus qualifié de transpartisan par les quatre formations représentées à l'Assemblée nationale — CAQ, PLQ, QS et PQ —, le projet de loi est adopté article par article, ouvrant la voie à une nouvelle carte électorale à 127 circonscriptions. Deux comtés sont sauvés de la disparition : l'un en Gaspésie, l'autre dans l'Est de Montréal. Un comité indépendant aura jusqu'au 1er février 2028 pour recommander une révision complète des critères de délimitation, jugés obsolètes par les tribunaux et par la quasi-totalité des parlementaires. Mais une voix dissonante, celle du député de Saint-Jérôme, a rappelé tout au long des travaux que toucher à la carte électorale, c'est toucher aux fondements mêmes de la démocratie représentative.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Reprise des travaux — étude de l'article 10
04:30 📋 Amendement proposé par le député de Saint-Jérôme : limiter le délai supplémentaire à 3 mois
12:00 🗣️ Réaction du ministre — argument contre l'amendement
16:00 ⚖️ Réplique du député de Saint-Jérôme — jugements de la Cour d'appel et de la Cour suprême
28:00 📜 Lecture et analyse du jugement de la Cour d'appel du Québec sur la LVI
38:00 🔔 Rappel à l'ordre — pertinence du débat par rapport à l'amendement
42:00 🗳️ Vote sur l'amendement à l'article 10 — rejeté
44:30 📝 Présentation de l'amendement 10.1 — création d'une chaire de recherche universitaire
52:00 🏛️ Discours sur la démocratie représentative, les institutions et la prudence législative
01:02:00 🗳️ Vote sur l'amendement 10.1 — rejeté
01:03:30 ✅ Adoption de l'article 11 et des intitulés — fin de l'étude détaillée
01:06:00 🎤 Remarques finales — députés de Jean-Talon, Chauveau-Mazurneuve, La Fontaine, Saint-Jérôme
01:10:30 🎤 Remarques finales du ministre — bilan et rassurances sur l'intégrité du vote
01:13:00 🏁 Clôture des travaux de la Commission des institutions
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le projet de loi 3 découle directement d'une saga judiciaire marquante. La Cour d'appel du Québec, puis la Cour suprême du Canada, ont déclaré inconstitutionnelle une loi antérieure qui avait interrompu le processus de révision de la carte électorale. Le jugement a conclu que cette interruption violait le droit à la représentation effective garanti par l'article 3 de la Charte canadienne des droits et libertés, pénalisant près d'un demi-million d'électeurs dans les régions de l'Estrie, du Centre-du-Québec et des Laurentides-Lanaudière.
Le PL3 est le fruit d'un accord entre les quatre partis représentés à l'Assemblée nationale. Il passe le nombre de circonscriptions de 125 à 127, protège la Gaspésie et l'Est de Montréal de pertes de représentation, et crée un comité indépendant chargé de revoir en profondeur les critères de délimitation électorale d'ici 2028.
La Commission de représentation électorale (CRÉ), par voie de correspondance déposée lors des travaux, a exprimé ses préoccupations quant au fait que la carte issue du PL3 ne respecte pas pleinement les critères de l'actuelle loi électorale. Cette lettre, ainsi que celle du Cercle des ex-parlementaires, a été déposée officiellement lors de la séance.
Le tout se déroule à quelques mois de l'élection générale québécoise d'octobre 2026.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Le PL3 est présenté comme une victoire transpartisane, et il l'est en partie. Quatre partis politiques aux intérêts souvent divergents ont réussi à s'entendre pour éviter que deux régions perdent leur représentation parlementaire. C'est rare. C'est notable. Mais cela ne devrait pas nous dispenser d'un regard critique.
Le député de Saint-Jérôme, seul représentant d'un cinquième groupe à la commission, a joué un rôle d'aiguillon démocratique tout au long des travaux. Ses amendements — refus d'encadrer le délai supplémentaire à trois mois, proposition d'une chaire universitaire pour réfléchir aux fondements de la démocratie représentative — ont tous été rejetés. Mais ses interventions ont mis le doigt sur quelque chose d'essentiel : on ne refait pas une carte électorale comme on réorganise des services administratifs.
La Commission de représentation électorale elle-même a tiré la sonnette d'alarme. La carte issue du PL3 ne respecte pas intégralement les critères de la loi électorale en vigueur. Le gouvernement et les partis répondent : justement, c'est pourquoi on révise les critères. Mais le problème, c'est que l'élection d'octobre 2026 se tiendra sur cette carte imparfaite, avant que les nouveaux critères soient adoptés. On fait donc le choix assumé de tenir un scrutin avec une carte que la loi actuelle ne validerait pas pleinement.
L'argument du caractère transpartisan a été utilisé à répétition comme bouclier contre la critique. Or, un accord entre partis politiques ne garantit pas que les droits des électeurs sont pleinement respectés. Les quatre partis qui soutiennent ce projet ont chacun des intérêts électoraux dans les régions concernées. Ce n'est pas une accusation — c'est une réalité de la politique.
Ce qui ressort le plus clairement de cette journée, c'est le manque flagrant de réflexion sur les critères de délimitation eux-mêmes. Un juge de la Cour suprême a noté que les critères de la loi québécoise sont les plus vagues au Canada. Le kilométrage carré n'est même pas un critère officiel. La notion de « communauté naturelle » peut signifier à peu près n'importe quoi. Ce vide juridique, les parlementaires le reconnaissent tous — mais on attend encore 2028 pour y remédier.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
La Commission de représentation électorale a officiellement exprimé ses préoccupations par lettre déposée en commission : la carte du PL3 ne respecte pas les principes de la loi électorale actuelle, selon l'institution même chargée de l'appliquer.
Le Cercle des ex-parlementaires a également transmis une lettre de préoccupations, déposée lors de la séance du 9 juin 2026.
Le député de Saint-Jérôme a invoqué les jugements de la Cour d'appel et de la Cour suprême pour soutenir que le PL3 reproduit, sous une autre forme, la même logique de contournement du processus indépendant que la loi déclarée inconstitutionnelle.
Le ministre responsable a réfuté cette lecture, affirmant que les 115 nouvelles circonscriptions issues de la CRÉ sont déjà prêtes, et que les 12 comtés maintenus sans modification sont légitimes puisqu'aucune objection n'avait été formulée à leur endroit.
Le directeur général des élections a indiqué publiquement, après avoir pris connaissance du PL3, qu'il n'y avait pas d'inquiétude sur l'intégrité du vote — déclaration citée à répétition par les partisans du projet de loi.
L'alliance inattendue entre chambres de commerce de la Gaspésie et de l'Est de Montréal pour défendre leur représentation parlementaire a été saluée comme un moment politique marquant lors des remarques finales.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le Québec passera de 125 à 127 circonscriptions électorales pour l'élection générale d'octobre 2026.
Un comité indépendant sera constitué pour réviser en profondeur les critères de délimitation électorale, avec un rapport attendu au plus tard le 1er février 2028.
La Gaspésie conserve sa circonscription menacée de disparition; l'Est de Montréal également.
Les régions des Laurentides-Lanaudière et du Centre-du-Québec, dont les droits avaient été reconnus par les tribunaux, obtiennent chacune une nouvelle circonscription.
La composition et le fonctionnement de la Commission de représentation électorale (CRÉ) seront soumis à révision dans le cadre du rapport du comité — notamment la question de savoir si le directeur général des élections devrait en être le président.
Le processus de délimitation électorale indépendant, pilier de la légitimité du vote selon les tribunaux, demeure en place mais sera profondément revu d'ici les élections de 2030.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
L'élection d'octobre 2026 se tiendra sur une carte électorale hybride qui ne respecte pas intégralement les critères de la loi électorale actuelle — ce qui pourrait générer des contestations judiciaires post-électorales.
Les nouveaux critères de délimitation issus du rapport de 2028 pourraient transformer en profondeur la représentation des régions, des milieux urbains denses et des communautés à forte population non citoyenne.
La légitimité du processus transpartisan pourrait être remise en question si le comité indépendant recommande des changements que les partis actuels auraient voulu éviter.
Le rôle du directeur général des élections comme président de la CRÉ pourrait être contesté ou modifié — une réforme institutionnelle majeure en perspective.
La Cour suprême ayant déjà pesé sur ce dossier, toute loi adoptée sur la base de critères vagues demeure exposée à des recours constitutionnels futurs.
La décentralisation évoquée dans les remarques finales — confier plus de décisions aux acteurs de terrain — reste un vœu pieux sans mécanisme concret dans ce projet de loi.
Le fait que l'étendue géographique d'une circonscription ne soit pas officiellement un critère dans la loi actuelle représente une lacune démocratique criante pour les régions rurales et éloignées, qui devra être corrigée d'ici 2028.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Une élection tenue sur une carte que la CRÉ elle-même juge non conforme à la loi électorale peut-elle être considérée comme pleinement légitime?
Le délai fixé au 1er février 2028 pour le rapport du comité est-il réaliste, considérant que les travaux du comité ne peuvent commencer qu'après la constitution de la 44e législature à l'automne 2026?
Pourquoi le kilométrage carré — la superficie d'une circonscription — n'est-il toujours pas un critère officiel de délimitation, alors que certaines circonscriptions représentent des milliers de kilomètres carrés?
Le caractère transpartisan d'un accord entre partis politiques suffit-il à garantir que les droits des électeurs sont respectés, ou masque-t-il des compromis électoraux inavoués?
La composition actuelle de la CRÉ, avec le directeur général des élections comme président, est-elle suffisamment indépendante pour réviser sa propre façon de travailler?
Qui défend les électeurs des régions qui ont perdu des circonscriptions au fil des décennies et n'ont plus de porte-voix pour s'opposer à ces pertes?
❤️ Merci d'être ici
Merci de suivre APDQ et de t'intéresser à la politique québécoise avec un regard citoyen, libre et indépendant. On continue ensemble.
🔵 Découvre APDQ partout
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UChb298sZlCxkN0BbyPdWYTg
Facebook : https://www.facebook.com/APDQavecDominick/
TikTok : https://www.tiktok.com/@dominickapdq
X : https://x.com/
Threads : https://www.threads.com/@actualite_politique_du_quebec
Bluesky : https://bsky.app/profile/apdq.bsky.social
Instagram : https://www.instagram.com/actualite_politique_du_quebec/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/apdq/
Rumble : https://rumble.com/c/APDQ
Odysee : https://odysee.com/@Actualitepolitiqueduquebec:0
Site web : https://actualitepolitiqueduquebec.com
💛 Soutenir APDQ
Carte de crédit : https://buy.stripe.com/aEU01ifePaBTfLi6oo
PayPal : https://www.paypal.com/paypalme/DominickJasmin
Interac : virement@actualitepolitiqueduquebec.com (réponse : Dominick)
