🗳️ PL3 : La carte électorale à 127 comtés adoptée sur division !
La carte électorale, la loi Gabby Renaud et l'omnibus municipal : une session chargée à l'Assemblée nationale du Québec — APDQ décortique tout.
⭐ INTRODUCTION
Le 4 juin 2026, la Commission des institutions et la Commission de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale du Québec ont été le théâtre de débats majeurs touchant au cœur de notre démocratie et à la protection des femmes. Le projet de loi 3, qui porte le nombre de circonscriptions électorales à 127, a été adopté sur division dans un rare élan transpartisan — mais non sans dissidence. Deux voix ont clairement exprimé leurs réserves quant à l'ingérence des élus dans un processus de délimitation de carte électorale qui devrait rester indépendant. Dans un autre registre, le projet de loi 4, communément appelé la loi Gabby Renaud, a quant à lui recueilli un appui quasi unanime : il permettra à toute personne se considérant à risque de demander les antécédents judiciaires de son partenaire intime à la Sûreté du Québec. Enfin, les débuts d'étude du projet de loi 22, un omnibus municipal, ont amorcé la fin de cette session intensive. Trois projets de loi, trois enjeux distincts, un seul portrait : celui d'une législature qui tire sa révérence à grands coups de sprint législatif.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la séance — appel à l'ordre
02:30 🗳️ PL3 — Présentation du projet de loi sur la carte électorale à 127 comtés
08:00 🏛️ Défense transpartisane du PL3 par les élus de la CAQ et du PLQ
18:00 ⚠️ Dissidence du député de Saint-Jérôme — inquiétudes sur l'indépendance de la CRÉ
38:00 🔴 Prise de parole de la députée de Rimouski — opposition au découpage par les élus
52:00 ✅ Adoption sur division du principe du PL3 — renvoi en commission
55:00 💜 PL4 — Présentation de la loi Gabby Renaud par le ministre
1:12:00 🎙️ Intervention de la députée de Westmount–Saint-Louis (PLQ) — appui et angles morts
1:35:00 🎙️ Intervention de la députée de Sherbrooke (QS) — collaboration et ressources
1:52:00 🎙️ Intervention de la députée de Terrebonne (PQ) — financement et accompagnement
2:05:00 🎙️ Intervention de la députée de Robert-Baldwin (PLQ) — DPJ, féminicides, hébergement
2:20:00 💬 Prise de parole de la cheffe du deuxième groupe d'opposition — loi Gabby Renaud
2:38:00 🎙️ Intervention du député de Saint-Jérôme sur le PL4 — hommage à Rachel Renaud
2:48:00 ✅ Adoption du principe du PL4 — renvoi en commission
2:52:00 🏘️ PL22 — Présentation du projet de loi omnibus municipal par le ministre des Affaires municipales
2:57:51 🔚 Fin de la séance
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le projet de loi 3 découle d'une situation inédite : la Commission de la représentation électorale (CRÉ) avait produit une nouvelle carte à 125 comtés qui faisait disparaître des circonscriptions en Gaspésie et sur l'île de Montréal, pour en créer deux nouvelles dans les Laurentides et au Centre-du-Québec. Plutôt que de laisser cette carte s'appliquer, quatre formations politiques — CAQ, PLQ, QS et PQ — se sont entendues pour porter le nombre de comtés à 127, en conservant les délimitations anciennes pour 12 circonscriptions. Cette démarche est présentée comme transpartisane, bien qu'elle soit contestée par quelques élus, dont la seule représentante du PCQ à l'Assemblée nationale.
Le projet de loi 4, lui, s'inspire directement de la Clare's Law britannique, adoptée en 2014. Au Québec, la mobilisation autour du féminicide de Gabby Renaud a été le catalyseur principal de ce dépôt législatif. Le projet avait aussi été recommandé dans le rapport *Rebâtir la confiance* déposé en 2020. Malgré l'urgence clairement documentée, le gouvernement n'a déposé ce projet que le 13 mai 2026 — moins de quatre semaines avant la fin de la législature.
Le projet de loi 22 est un omnibus municipal déposé sous la direction d'un nouveau ministre des Affaires municipales, nommé le 21 avril 2026. Il touche notamment la taxe de bienvenue lors de rachats immobiliers entre copropriétaires et divers allègements réglementaires pour les municipalités.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Sur le PL3, la question centrale est celle de la légitimité démocratique. Peut-on confier aux élus eux-mêmes le découpage de la carte sur laquelle leur propre élection repose? La quasi-unanimité des partis ne suffit pas à effacer le malaise : si la carte est dessinée par ceux qu'elle sert, on s'éloigne du principe d'indépendance qui protège l'intégrité du processus électoral. Le député de Saint-Jérôme et la députée de Rimouski l'ont dit haut et fort, et ce n'est pas rien.
D'un autre côté, il serait simpliste de résumer ce débat à de la partisanerie déguisée. Les circonscriptions gaspésiennes et montréalaises auraient disparu sur la base de critères de délimitation jugés obsolètes même par le directeur général des élections. Préserver ces comtés le temps de revoir les critères a une certaine cohérence. La solution pérenne — le comité indépendant sur la représentation électorale — était la bonne. La question reste entière sur le timing : était-il raisonnable d'agir à moins de trois mois du déclenchement des élections?
Sur le PL4, l'émotion est réelle, mais les angles morts sont nombreux. La centralisation des recherches à la SQ est logique pour éviter la loterie postale, mais la SQ hérite déjà d'au moins sept autres mandats similaires de vérification d'antécédents depuis les dernières sessions. Ajouter 10 000 demandes annuelles projetées dans ce contexte, c'est soit naïf, soit un pari risqué. Le risque de faux sentiment de sécurité est réel : 46 % des auteurs de féminicides n'avaient aucun antécédent judiciaire.
La question de la DPJ est peut-être la plus explosive du lot. Si une femme craint qu'en faisant une demande d'antécédents, un signalement soit automatiquement déclenché et que ses enfants lui soient retirés, elle ne fera tout simplement pas de demande. On viderait le projet de loi de sa substance avant même qu'il entre en vigueur. Ce nœud doit absolument être tranché lors de l'étude détaillée.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Le député de Saint-Jérôme (PCQ) a été le principal opposant au PL3, estimant que laisser les élus tracer la carte électorale constitue un précédent dangereux depuis plus de 50 ans, et que le bon moment pour réviser les critères aurait été après les élections d'octobre 2026.
La députée de Rimouski (PCQ) a refusé d'appuyer le PL3 sous sa forme actuelle, proposant plutôt un statut d'exception pour les comtés gaspésiens — à l'image des Îles-de-la-Madeleine — plutôt qu'une refonte globale par les élus.
La leader adjointe du gouvernement a invoqué le règlement contre la députée de Rimouski pour avoir utilisé des termes jugés irrespectueux envers les 124 autres députés — un incident révélateur des tensions sous-jacentes.
Plusieurs groupes spécialisés en violence conjugale ont sonné l'alarme sur le manque de ressources en hébergement : une femme sur deux se voit refuser une place en maison d'hébergement lorsqu'elle en fait la demande.
Des représentantes des Premières Nations et des Inuits ont dénoncé leur exclusion des consultations préalables à la construction du PL4, réclamant une co-construction qui tienne compte de leur réalité culturelle.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le PL3 porte le nombre de circonscriptions électorales québécoises de 125 à 127, préservant 12 comtés (4 en Gaspésie–Bas-Saint-Laurent, 8 sur l'île de Montréal) selon les délimitations de l'ancienne carte.
Un comité indépendant composé d'un juge retraité de la Cour du Québec, d'un ancien député et d'un expert en représentation électorale sera mandaté pour revoir les critères de délimitation électorale et moderniser le mandat de la CRÉ.
Le PL4 donne à toute personne se considérant à risque le droit de demander les antécédents judiciaires de son partenaire intime via un formulaire en ligne traité par la Sûreté du Québec.
La communication des renseignements sera verbale, assurée par un organisme désigné (non encore identifié), dans un modèle hybride visant à assurer un service uniforme partout au Québec.
Un budget de 27,6 millions sur cinq ans est prévu pour l'implantation du PL4, avec 23 effectifs supplémentaires à la SQ pour la première année.
Le PL22 amorce son étude avec des amendements annoncés par le nouveau ministre des Affaires municipales, notamment sur la double taxe de bienvenue entre copropriétaires.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Si le comité sur la CRÉ ne livre pas des recommandations avant les élections de 2026, le Québec pourrait se retrouver avec une carte à 127 comtés sans cadre juridique moderne pour guider la prochaine révision.
L'article 10 du PL4, qui pourrait obliger les intervenants à signaler automatiquement à la DPJ, risque de décourager des milliers de femmes de faire des demandes d'antécédents, contrecarrant l'objectif même de la loi.
Sans financement massif des maisons d'hébergement, le PL4 pourrait créer une demande sans réponse : les femmes informées du danger mais sans ressources pour fuir resteraient piégées.
La centralisation à la SQ des vérifications d'antécédents pour huit lois différentes représente un risque systémique de délais et de surcharge institutionnelle.
Le précédent établi par le PL3 — des élus décidant directement de la carte électorale — pourrait être invoqué dans le futur pour justifier d'autres interventions législatives dans des processus normalement indépendants.
Les femmes autochtones, parmi les plus exposées à la violence conjugale, pourraient être exclues du bénéfice réel du PL4 si aucune mesure de sécurisation culturelle n'est inscrite dans la loi ou ses règlements.
Le PL22 omnibus municipal demeure à surveiller : les amendements annoncés mais non encore déposés pourraient modifier significativement la portée du projet.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu moins de quatre semaines avant la fin de la législature pour déposer le PL4, alors que l'urgence d'agir était documentée depuis 2020?
Le comité indépendant sur la CRÉ aura-t-il le temps de livrer ses recommandations avant que la prochaine carte électorale ne soit figée pour l'élection d'octobre 2026?
Comment l'article 10 du PL4 sera-t-il encadré pour éviter que la crainte d'un signalement à la DPJ ne décourage les femmes les plus vulnérables de demander de l'information sur leur partenaire?
Quels organismes seront désignés pour transmettre verbalement les renseignements aux personnes à risque, et selon quels critères de sécurisation culturelle pour les femmes autochtones?
Le gouvernement s'engage-t-il à un financement récurrent et suffisant des maisons d'hébergement pour que le PL4 ne reste pas une loi de papier?
La décision du Parlement de délimiter lui-même 12 circonscriptions constitue-t-elle un précédent qui affaiblit durablement l'indépendance de la Commission de la représentation électorale?
❤️ Merci d'être ici
Merci de suivre APDQ et de t'intéresser à la politique québécoise avec un regard citoyen, libre et indépendant. On continue ensemble.
🔵 Découvre APDQ partout
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UChb298sZlCxkN0BbyPdWYTg
Facebook : https://www.facebook.com/APDQavecDominick/
TikTok : https://www.tiktok.com/@dominickapdq
X : https://x.com/
Threads : https://www.threads.com/@actualite_politique_du_quebec
Bluesky : https://bsky.app/profile/apdq.bsky.social
Instagram : https://www.instagram.com/actualite_politique_du_quebec/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/apdq/
Rumble : https://rumble.com/c/APDQ
Odysee : https://odysee.com/@Actualitepolitiqueduquebec:0
Site web : https://actualitepolitiqueduquebec.com
💛 Soutenir APDQ
Carte de crédit : https://buy.stripe.com/aEU01ifePaBTfLi6oo
PayPal : https://www.paypal.com/paypalme/DominickJasmin
Interac : virement@actualitepolitiqueduquebec.com (réponse : Dominick)
