🍽️⚜️ Québec au menu… ou Québec à la table : il faut choisir
Rester province, c’est accepter d’être une monnaie d’échange ?
Ce matin, j’ai réécouté les mots. Pas juste les mots. Le réflexe derrière les mots.
Paul St-Pierre Plamondon parle de géopolitique, d’incertitude, de Donald Trump, de guerre économique. Il laisse entendre qu’il faudra être “intelligent”, choisir “le bon moment”, ne pas mettre les Québécois dans le trouble. Puis il emprunte la phrase qui frappe parce qu’elle est devenue virale : être à la table ou être au menu.
C’est une bonne phrase. Elle est forte. Elle sonne vrai.
Mais une phrase forte peut aussi devenir un paravent. Une manière de dire “vous savez ce que je veux dire”… et de passer à autre chose, pendant que le public, lui, reste avec une impression floue.
Moi, je pense qu’on n’a plus le luxe du flou. Pas en ce moment.
Le vrai danger, ce n’est pas l’indépendance… c’est le statu quo
Parce que la vraie question n’est pas : est-ce que la géopolitique rend la souveraineté risquée?
La vraie question, c’est : est-ce que la géopolitique ne vient pas de nous prouver, en pleine face, que le statu quo est déjà risqué?
On vit une période où les grands joueurs s’assoient, se regardent dans le blanc des yeux et redessinent les rapports de force. Et quand ça arrive, ce ne sont pas les petits qui dictent les règles. Les petits se débrouillent pour survivre. Ils encaissent. Ils s’ajustent. Ils paient.
Et nous, le Québec, dans ce film-là… on n’est même pas un joueur.
On est un chapitre dans le cartable d’un autre.
On n’a pas notre chaise. On n’a pas notre signature. On n’a même pas notre droit de veto.
“Être au menu”, ce n’est pas une image : c’est une mécanique
Quand on dit être au menu, il faut que ça fasse mal. Pas pour faire peur. Pour dire la vérité.
Être au menu, ça veut dire être découpé en secteurs. Ça veut dire que ton avenir n’est pas discuté comme un projet de peuple, mais comme une ligne dans une négociation.
L’aluminium. Le bois. L’agriculture. Les achats publics. La culture. L’énergie.
Les chaînes d’approvisionnement. Les règles d’origine. Les tarifs. Les exceptions. Les sanctions.
Tout ça devient des jetons. Et si Ottawa veut obtenir quelque chose pour le “Canada”, Ottawa doit choisir ce qu’il protège en premier. Et quand Ottawa choisit, Ottawa choisit selon une logique nationale.
Pas une logique québécoise. Pas une logique de nation distincte.
Une logique d’État fédéral qui doit tenir ensemble dix provinces et un équilibre politique qui, soyons honnêtes, ne se gagne pas à Québec.
Alors oui, on peut être consultés. Oui, on peut faire pression. Oui, on peut crier. On peut même convaincre.
Mais au bout de la ligne, quand vient le temps de signer… ce n’est pas nous qui tenons le stylo.
Et ce détail-là, c’est tout.
C’est la différence entre “je décide” et “je subis”.
Entre “je protège” et “je compense”.
La fausse consolation : “on vous aidera après”
Quand une province est frappée par une décision fédérale prise dans un contexte international, la réponse ressemble souvent à ça :
On vous aidera après. On vous compensera. On va annoncer un programme. On va faire un fonds. On va amortir le choc.
Mais ce n’est pas de la souveraineté, ça.
C’est de la gestion de dommages.
Être au menu, c’est précisément ça : tu ne choisis pas le coup. Tu essaies juste de survivre au coup.
2026 : le Québec tremble… parce qu’il est une province
Et c’est là que la géopolitique devient, non pas un argument pour attendre… mais un argument pour se réveiller.
Parce qu’on n’entre pas dans une période stable. On entre dans une période où la pression économique devient une arme. Où le commerce n’est plus seulement du commerce, mais une manière de faire plier des gouvernements.
Des tarifs. Des menaces. Des renégociations. Des coups de théâtre.
Et pendant ce temps, on se dit :
Attention, la géopolitique est dangereuse, on va attendre pour être un pays.
Excuse-moi, mais… attendre quoi, exactement?
Attendre que le Canada négocie à notre place des compromis qu’on va payer pendant trente ans?
Attendre qu’Ottawa décide des investissements majeurs, des orientations stratégiques, des projets, des milliards… et qu’on hérite de la facture parce qu’on était là, parce qu’on est dans la gang, parce que “c’est comme ça”?
Attendre qu’on se fasse dire : On n’avait pas le choix. C’était ça ou perdre plus.
Attendre que l’accord de 2026, la grande renégociation, se fasse sans que le Québec ait sa chaise?
Parce que c’est ça, le cœur de l’urgence.
Une province ne négocie pas. Une province est négociée.
“Être à la table”, ça doit devenir plus qu’un slogan
Être à la table, ça ne veut pas dire que tout devient rose.
Ça veut dire une chose simple : c’est nous qui décidons de nos lignes rouges.
Si l’aluminium est vital pour nous, c’est nous qui le défendons.
Si la culture est non négociable, c’est non négociable.
Si on veut diversifier, sécuriser nos approvisionnements, choisir nos priorités… ce n’est plus un rêve. C’est un mandat.
Être à la table, c’est aussi accepter une vérité adulte : on ne pourra plus blâmer Ottawa.
Mais au moins, ce sera notre choix. Notre responsabilité. Notre dignité politique.
Quand ça va bien, on tolère. Quand ça brasse, on comprend
Quand tout va bien, les gens se disent : pourquoi changer? Pourquoi prendre un risque? On a des accords, des programmes, des chèques, une stabilité apparente.
Mais quand ça brasse, quand les règles changent, quand on se rend compte que notre avenir dépend d’une négociation faite ailleurs… la question revient comme une claque :
Qui décide pour nous?
Et c’est là que l’indépendance cesse d’être un rêve romantique.
Elle devient une question de contrôle.
Les peurs : il faut les respecter… et les désamorcer
Il y a des peurs sincères. On ne les balaie pas du revers de la main.
La première peur : “On va se faire manger par les États-Unis.”
Je comprends le réflexe. Mais dis-moi : en ce moment, est-ce que le Canada empêche les pressions américaines? Est-ce qu’il a un bouclier magique?
Non. Le Canada encaisse comme tout le monde. Il négocie comme tout le monde. La puissance américaine ne passe pas d’abord par des tanks : elle passe par l’économie, par le commerce, par le rapport de force.
Et ça, qu’on soit province ou pays, c’est une réalité géographique : on est voisins, on commerce, on a intérêt à coopérer.
L’idée d’une invasion est improbable, et surtout inutile dans le monde réel où les coûts seraient immenses. La vraie question n’est pas “qui est le plus fort”. La vraie question, c’est : qui est légitime sur son territoire, qui est cohérent, qui est capable de se tenir debout.
Un peuple n’est pas sans défense parce qu’il est plus petit.
Un peuple est sans défense quand il s’imagine déjà vaincu.
La deuxième peur : “Je vais perdre mon chèque fédéral.”
On ne doit jamais se moquer de ça. C’est une peur de sécurité. Mais il faut dire la vérité calmement : ce chèque n’est pas un cadeau.
C’est de l’argent public. Collecté ici, par notre économie, notre travail, nos impôts.
Le drapeau sur le chèque est un symbole. Mais le symbole ne paie pas l’épicerie.
Le vrai enjeu, c’est le circuit. Aujourd’hui, notre argent part à Ottawa et revient sous forme de programmes. On reçoit, oui, mais on ne contrôle pas tout.
Dans un Québec pays, la question n’est pas “va-t-on abandonner les aînés?”
La question, c’est : veut-on enfin décider nous-mêmes de ce qu’on garantit à nos aînés?
La troisième peur : “Le Canada nous protège.”
Oui… dans une certaine mesure. Mais il nous protège comme un ensemble protège ses parties : avec ses priorités nationales. Et parfois, “être protégé” ressemble à être géré.
Être géré, ça veut dire qu’au moment des décisions difficiles, on choisit ce qui sert le mieux l’intérêt canadien. Et le Québec, malgré tout ce qu’il est, n’est pas automatiquement le centre de cette logique.
La vulnérabilité, ce n’est pas d’être petit.
La vulnérabilité, c’est de ne pas décider.
La conclusion qui dérange : prudence ou immobilisme?
Oui, il faut un plan. De la préparation. Des garanties. Il faut rassurer sans mentir.
Mais il faut aussi avoir le courage de dire ceci :
Rester une province dans une période de renégociation et de guerre économique, c’est accepter d’être au menu au moment où les grands se servent.
Et prétendre que c’est plus “sage”, c’est confondre prudence et immobilisme.
La prudence, la vraie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe.
Parce que l’orage ne passe pas. Il revient par vagues.
La prudence, c’est de se doter d’un gouvernail.
La prudence, c’est de s’assurer que quand les grandes négociations se feront, quand les grandes décisions tomberont, le Québec ne sera pas un paragraphe dans un document fédéral.
Le Québec sera un signataire.
Alors oui, dire “à la table ou au menu”, c’est bon.
Mais si on veut que cette phrase devienne un argument massue, il faut la traduire en images simples, en scénarios concrets, en vérités que tout le monde comprend :
Être au menu, c’est se faire trancher et échanger.
Être à la table, c’est parler pour soi-même et refuser d’être échangé.
Et si la géopolitique rend la souveraineté “risquée”, elle rend surtout le statu quo dangereux… parce qu’elle nous rappelle une chose brutale :
Quand tu n’as pas la main sur la signature, tu paies les décisions des autres.
Moi, je ne veux pas que le Québec se réveille après 2026, après une renégociation majeure, après des compromis signés ailleurs, après des investissements décidés ailleurs, en se disant : On aurait donc dû le faire avant.
Parce qu’après, on ne part pas de zéro.
On part avec des chaînes. Avec des clauses. Avec des choix déjà faits.
Et ce n’est pas ça, être un peuple libre.
Un peuple libre, ça ne choisit pas seulement quand tout va bien.
Un peuple libre, ça choisit justement quand l’histoire accélère, quand la pression monte, quand le monde change…
…et qu’il faut décider si on reste un objet — ou si on devient un sujet.
On peut continuer d’être au menu.
Ou on peut s’asseoir à la table.
Mais il va falloir arrêter de croire que quelqu’un, quelque part, va choisir pour nous… et que ça va toujours tomber du bon bord.
Parce que l’histoire n’a jamais fonctionné comme ça.
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