⭐ INTRODUCTION
Le 2 novembre 2026, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Fady Dagher, a annoncé le congédiement administratif de sept policiers — cinq du poste de quartier 39 et deux du poste de quartier 21 — en lien avec des allégations de discrimination, de racisme et de comportements envers des personnes vulnérables. La procédure repose sur le retrait de leur accréditation sécuritaire en vertu de l'article 115 de la Loi sur la police, indépendamment des démarches criminelles toujours en cours devant le DPCP. C'est une annonce qui s'inscrit dans la continuité des révélations du 12 juin 2026 concernant le PDQ 39. Dagher a tenu à rappeler que ces sept cas représentent selon lui une infime fraction parmi environ 1 100 recrues embauchées au cours des dernières années, tout en rendant hommage aux résultats opérationnels du reste de l'organisation. Le message est double : sanction pour une infime minorité, reconnaissance pour le 99 %.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Introduction et présentation du comité de direction
01:25 🚨 Annonce des sept congédiements administratifs
05:21 🏅 Bilan 2025 : les réussites du 99 % du SPVM
10:47 🔍 Questions des journalistes en français : PDQ 39, PDQ 21, DPCP
22:17 🌐 Questions en anglais : confiance communautaire, réintégration, interpellations
37:27 🔄 Retour en français : dénonciations et mobilité des policiers congédiés
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Depuis les révélations du 12 juin 2026 entourant le poste de quartier 39, le SPVM est sous pression publique intense. Des allégations de racisme, de mauvais traitements envers des personnes vulnérables et d'autres comportements problématiques avaient alors éclaté au grand jour, soulevant des questions profondes sur la culture interne du service.
Ces congédiements administratifs s'appuient sur l'article 115 de la Loi sur la police, qui permet au directeur de revoir les accréditations sécuritaires des policiers. La mécanique est claire : sans accréditation valide, il ne peut y avoir d'emploi. Ce chemin administratif a été choisi de façon délibérée, parallèlement aux dossiers acheminés au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), dont les décisions restent à venir.
Le ministre responsable de la Sécurité intérieure au sein du gouvernement St-Pierre Plamondon a par ailleurs demandé que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) se penche sur une information distincte — un incident médiatisé impliquant un policier et une personne en situation d'itinérance — que Dagher a explicitement écartée des sept dossiers annoncés aujourd'hui.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Le SPVM a choisi la voie administrative plutôt que d'attendre le verdict criminel pour écarter ces sept agents. Ce choix n'est pas anodin : il envoie un signal clair que l'organisation ne subordonne pas sa capacité d'agir à la lenteur des tribunaux pénaux. Dagher la présente comme une première dans l'histoire du SPVM et la qualifie lui-même de mesure « exceptionnelle ».
Reste la question de la solidité juridique de la démarche. Le directeur l'a lui-même reconnu : si un tribunal administratif devait invalider les congédiements, une autre étape — le comité de discipline — serait immédiatement enclenchée. La porte de sortie existe, mais le SPVM affirme ne pas s'en inquiéter outre mesure.
Le dossier du PDQ 39 a aussi mis en lumière une réalité moins discutée : le nombre de dénonciations a augmenté, tant à l'interne qu'à l'externe, depuis juin. Le numéro de téléphone mis en place (514-280-0200) aurait généré des signalements qui ont alimenté certains des dossiers traités. C'est le signe que la culture du silence — que Dagher nomme directement — s'est fissurée, au moins en partie.
Sur la question des interpellations, Dagher maintient qu'elles reposent sur des critères stricts et qu'un groupe de policiers en surveille l'application en continu. Il précise que ces sept dossiers n'impliquent pas des interpellations : c'est un détail important pour délimiter ce que ces congédiements règlent… et ce qu'ils ne règlent pas.
Enfin, la question de savoir si ces policiers congédiés pourraient être embauchés ailleurs au Québec a été posée et la réponse est nuancée : la loi oblige à déclarer toute enquête criminelle, disciplinaire ou déontologique lors d'un processus d'embauche dans un autre service. Dagher estime qu'une telle déclaration rendrait leur réembauche très improbable dans la province — sans pouvoir le garantir formellement.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
Des groupes communautaires de Montréal-Nord avaient demandé à rencontrer le directeur Dagher avant même la tenue de cette conférence de presse ; il a confirmé qu'une rencontre est prévue dans le cadre du plan d'action, d'ici la fin novembre ou début décembre.
La question du policier accusé d'avoir effacé des éléments de preuve vidéo dans un dossier de violence conjugale a été posée par un journaliste ; Dagher a refusé de confirmer ou d'infirmer si cette personne fait partie des sept congédiés, invoquant le caractère confidentiel des décisions de personnel.
Un journaliste a demandé si Dagher entendait interdire entièrement les interpellations ; la réponse a été non, avec insistance sur les critères existants et la surveillance en cours.
L'incident médiatisé d'un policier qui aurait uriné sur une personne itinérante a été explicitement dissocié des sept dossiers : Dagher affirme que cet épisode, tel que rapporté, ne figure pas dans les enquêtes internes du SPVM ; un policier a posé un geste ignoble, mais « pas sur un humain ». Le BEI et le Commissaire à la déontologie policière enquêtent sur ce policier.
La prise en charge collective de ce processus a été soulignée avec insistance par Dagher, qui a rappelé à plusieurs reprises que ces congédiements sont le fruit d'un travail impliquant des dizaines de policiers, enquêteurs, avocats de la Ville et membres de la direction — pas une décision personnelle unilatérale.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Les sept policiers congédiés ont perdu leur accréditation sécuritaire en vertu de l'article 115 de la Loi sur la police ; cette perte entraîne automatiquement la fin de l'emploi à la Ville de Montréal.
Leurs armes et insignes avaient déjà été retirés au moment des suspensions, dès juin pour certains, en août ou septembre pour d'autres.
La voie criminelle demeure ouverte : le DPCP possède les allégations concernant les sept agents et peut encore décider de porter des accusations ; le SPVM attend cette décision.
Si un tribunal administratif invalide les congédiements, Dagher a indiqué que le SPVM renverrait immédiatement les individus devant le comité de discipline, tout en maintenant le volet criminel.
La loi impose à tout policier souhaitant être embauché ailleurs au Québec de déclarer toute enquête en cours, ce qui constitue, selon Dagher, un obstacle sérieux à une éventuelle réembauche dans un autre corps de police de la province.
Un plan d'action visant le recrutement, les critères de sélection, l'évaluation du rendement et le lien de confiance avec les communautés est en cours de finalisation en collaboration avec des partenaires externes ; sa présentation est prévue d'ici fin novembre ou début décembre.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Le DPCP devra décider si des accusations criminelles sont portées contre les sept agents ; certains dossiers seraient selon Dagher très avancés.
La confiance du public, particulièrement dans les communautés racisées et dans les quartiers de Montréal-Nord, reste fragilisée ; ces congédiements constituent une première réponse concrète, mais le chemin pour la rebâtir sera long, selon les propres mots du directeur.
D'autres enquêtes internes disciplinaires sont en cours au quotidien au SPVM, sans qu'une nouvelle annonce majeure soit attendue à court terme — mais Dagher a refusé de l'exclure formellement.
Le BEI et le Commissaire à la déontologie policière enquêtent séparément sur l'incident impliquant un policier et une personne itinérante ; ses conclusions pourraient générer de nouvelles suites.
La capacité du SPVM à co-construire son plan d'action avec les partenaires communautaires sera scrutée de près, notamment par les groupes de Montréal-Nord qui réclament une rencontre directe.
Les policiers congédiés pourraient contester leur congédiement devant un tribunal administratif ; l'issue de ce recours éventuel reste inconnue.
Le modèle de congédiement administratif par retrait d'accréditation pourrait, selon la façon dont il résiste aux contestations, influencer la façon dont d'autres corps de police québécois gèrent des situations similaires.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Le DPCP décidera-t-il de porter des accusations criminelles contre tout ou partie des sept agents congédiés, et dans quel délai ?
Si les congédiements sont contestés avec succès devant un tribunal administratif, le comité de discipline aura-t-il les outils pour empêcher leur réintégration effective ?
Le plan d'action annoncé pour fin novembre ou début décembre comportera-t-il des mesures contraignantes sur le recrutement et la formation, ou restera-t-il au niveau des intentions ?
La dynamique de dénonciation accrue à l'interne survivra-t-elle à la pression du quotidien une fois les projecteurs médiatiques éteints ?
Des comportements problématiques similaires existent-ils dans d'autres postes de quartier que le 39 et le 21, et le SPVM dispose-t-il des outils pour les détecter avant qu'ils ne fassent l'objet de révélations publiques ?
Ces policiers congédiés pourraient-ils, malgré les obligations de déclaration, se retrouver dans d'autres corps de sécurité au Québec ou au Canada ?
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