🚨 Violence conjugale : la police sonne l'alarme sur les ressources
La police tire la sonnette d'alarme : ressources insuffisantes, règlements à écrire, et des milliers de victimes de violence conjugale qui attendent une protection réelle. L'Association des directeurs de police du Québec témoigne à l'Assemblée nationale.
⭐ INTRODUCTION
Le 1er juin 2026, la Commission de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale recevait en audition l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), représentée par Thierry Vallière, président et directeur du service de police de Sainte-Eustache, et Didier Daramonde, directeur général de l'association. Leur message était clair : le projet de loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d'un partenaire intime est une avancée majeure, mais sa mise en œuvre soulève des enjeux concrets de ressources, de gouvernance et de formation. Les corps de police accueillent favorablement le projet, mais sonnent l'alarme sur leur capacité à absorber un volume inconnu de demandes sans financement addéquat. Le diable, comme l'a rappelé le ministre, est dans les détails — et c'est précisément dans l'élaboration du volet réglementaire que tout se jouera.
🎥 VIDÉO
⏱️ HORODATAGE
00:00 🎬 Ouverture de la commission et présentation de l'ADPQ
02:30 🏛️ Position de l'ADPQ : favorable au projet de loi
05:00 💰 Enjeux financiers et volumétrie des demandes incertaine
09:30 🤝 Échange avec le ministre : conditions gagnantes pour la mise en œuvre
14:00 🔄 Partage d'informations entre sûretés municipales et Sûreté du Québec
19:00 ⚠️ Demandes de tiers : équilibre entre protection et risque de détournement
25:00 📋 Rapports de renseignement : qui y a accès et comment?
30:00 🎓 Formation des policiers : rôle de l'École nationale de police
33:30 👶 Cas particuliers : mineurs, délais, informations historiques, communautés autochtones
38:00 📢 Engagements mutuels et clôture des travaux
🏛️ CONTEXTE POLITIQUE
Le projet de loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d'un partenaire intime est en cours d'étude en commission parlementaire. Il vise notamment à créer un droit de savoir pour les personnes à risque, en leur permettant d'accéder à des informations sur les antécédents de violence de leur partenaire intime.
La Sûreté du Québec est appelée à jouer un rôle central dans ce dispositif, en recevant et traitant les demandes, avec l'appui des sûretés municipales pour les informations locales. Des organismes communautaires, comme le CAVAC, seront des partenaires incontournables dans l'accompagnement des victimes.
Le gouvernement a évoqué une estimation de 10 000 demandes par année, un chiffre que plusieurs intervenants jugent difficile à valider, notamment en comparaison avec les 372 demandes enregistrées en Alberta dans un contexte similaire.
La commission entendait ce jour-là le dernier groupe de la journée, l'ADPQ, après avoir entendu notamment le SPVQ et le CAVAC. Les travaux se poursuivent le 2 juin 2026.
🔍 ANALYSE CITOYENNE (APDQ)
Ce qui frappe d'emblée dans cette audition, c'est la franchise des représentants policiers. Thierry Vallière et Didier Daramonde n'ont pas mâché leurs mots : les corps de police ne sont pas en mesure, avec les ressources actuelles, d'absorber les nouvelles obligations que ce projet de loi génèrera, surtout si la volumétrie des demandes s'avère significative.
Le ministre a lui-même reconnu qu'on est "un peu à l'aveugle" sur les besoins réels. Ce n'est pas rassurant. On adopte un cadre législatif important, on se fixe un chiffre de 10 000 demandes comme repère, mais personne n'est capable de dire avec précision ce que ça implique opérationnellement pour chacun des 29 services de police municipaux, sans compter les 22 corps autochtones.
La question des demandes de tiers — soit une personne extérieure demandant des renseignements sur le partenaire d'une autre — a suscité un débat riche. L'ADPQ a bien cerné le risque : donner de l'information à une personne malveillante déguisée en "proche bien intentionné" pourrait transformer un outil de protection en vecteur de nuisance. La réponse — ne donner l'information qu'à la personne à risque elle-même — semble la plus sage.
La question de la formation est également cruciale. Confier à l'École nationale de police du Québec la centralisation de la formation est une bonne idée, mais encore faut-il libérer les policiers pour qu'ils puissent la suivre. Dans les grandes organisations, c'est logistiquement lourd; dans les petits corps, c'est parfois impossible sans heures supplémentaires.
Enfin, la mention de la sergente Maureen Brough en séance — une pensée toute particulière évoquée par le ministre — rappelle que derrière les débats législatifs, il y a des vies en jeu. Celle des victimes, mais aussi parfois celle des policiers qui répondent à ces appels. L'accès à l'information en temps réel pour les patrouilleurs est un enjeu de sécurité publique autant que d'efficacité.
📢 RÉACTIONS ET CONTROVERSES
L'ADPQ appuie le projet de loi, mais exige d'être partie prenante dans la rédaction du règlement d'application, estimant que les paramètres doivent être définis en concertation avec le terrain.
Le ministre a reconnu qu'il est "difficile à évaluer" l'impact financier pour les sûretés municipales, tout en assurant que des ressources ont été prévues pour la SQ et pour les organismes communautaires en première année.
La possibilité de divulguer les renseignements en deux temps — proposée par la SQ — a été accueillie avec scepticisme par l'ADPQ, qui préfère une méthode uniforme et centralisée.
La question des demandes faites par des tiers a divisé la salle : entre protection des victimes et risque de détournement, l'équilibre est délicat et non encore tranché dans le projet de loi.
L'idée que les rapports de renseignement produits soient redistribués à tous les corps policiers contributeurs a été signalée comme une pente glissante par le ministre lui-même.
La deputée de Sherbrooke a mis en lumière que le contrôle coercitif est déjà compilé dans certains services depuis deux ans, mais que l'uniformité à l'échelle du Québec n'est pas encore assurée.
⚖️ CONSÉQUENCES LÉGISLATIVES ET SOCIALES
Le projet de loi créera un volume inédit de demandes de renseignements adressées aux corps policiers, avec des impacts directs sur les ressources humaines et financières.
Les organismes communautaires (CAVAC, maisons d'hébergement, etc.) devront être financés adéquatement pour jouer leur rôle d'accompagnement, sans quoi la loi risque d'être inefficace sur le terrain.
Le volet réglementaire devra définir clairement quels renseignements peuvent circuler, entre quels acteurs, selon quels délais et avec quelles protections de confidentialité.
La formation de l'ensemble des policiers québécois au nouveau cadre légal représente un défi logistique et financier considérable, particulièrement pour les grandes organisations.
Des zones grises persistent concernant les demandes impliquant des mineurs, des enquêtes en cours, ou des antécédents remontant à plus de 20 ans.
L'intégration des communautés autochtones dans le dispositif — notamment le choix de l'organisme centralisateur — devra faire l'objet d'une réflexion spécifique pour respecter leurs réalités propres.
🚨 IMPACTS POSSIBLES
Sans financement adéquat des sûretés municipales, certains corps policiers pourraient se retrouver dans l'incapacité de répondre aux demandes dans des délais raisonnables (estimés à 7-14 jours par l'ADPQ).
Une mauvaise gestion des demandes de tiers non autorisés pourrait exposer des victimes à des risques supplémentaires si leurs informations tombent entre de mauvaises mains.
L'absence de règles claires sur la redistribution des rapports de renseignement entre corps policiers pourrait entraîner des dérives dans l'utilisation de ces données sensibles.
Une formation insuffisante ou inégale selon les régions pourrait créer une application à deux vitesses de la loi, selon que l'on vit à Montréal ou en région éloignée.
Si les organismes communautaires ne reçoivent pas le financement nécessaire, l'accompagnement des victimes sera déficient, minant l'objectif central du projet de loi.
Une victime qui prend son courage à deux mains pour se présenter à un poste de police pourrait être renvoyée chez elle si les policiers ne sont pas formés à accueillir sa demande en personne plutôt que de la diriger vers un formulaire en ligne.
Les délais combinés (sûretés municipales + SQ) pourraient facilement dépasser 45 jours dans certains cas, ce qui est préoccupant pour des personnes en situation de danger immédiat.
❓ QUESTIONS ESSENTIELLES
Comment le gouvernement compte-t-il financer concrètement les sûretés municipales pour absorber les nouvelles obligations découlant de ce projet de loi, au-delà de la première année?
Qui sera responsable de définir les critères précis d'inclusion ou d'exclusion des renseignements dans les rapports, et comment éviter que cela varie d'un corps policier à l'autre?
Comment garantir que les demandes de tiers mal intentionnés ne puissent pas détourner ce mécanisme de protection pour nuire à une victime ou à un individu ciblé injustement?
L'École nationale de police du Québec aura-t-elle les ressources et le mandat nécessaires pour former l'ensemble des policiers québécois dans des délais raisonnables?
Quel mécanisme permettra d'assurer que les personnes qui se présentent en personne dans un poste de police pour faire une demande soient accueillies et accompagnées, et non renvoyées vers un formulaire web?
Comment intégrer de façon culturellement appropriée les communautés autochtones dans le dispositif de divulgation, notamment en ce qui concerne le choix de l'organisme centralisateur?
❤️ Merci d'être ici
Merci de suivre APDQ et de t'intéresser à la politique québécoise avec un regard citoyen, libre et indépendant. On continue ensemble.
🔵 Découvre APDQ partout
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UChb298sZlCxkN0BbyPdWYTg
Facebook : https://www.facebook.com/APDQavecDominick/
TikTok : https://www.tiktok.com/@dominickapdq
X : https://x.com/
Threads : https://www.threads.com/@actualite_politique_du_quebec
Bluesky : https://bsky.app/profile/apdq.bsky.social
Instagram : https://www.instagram.com/actualite_politique_du_quebec/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/apdq/
Rumble : https://rumble.com/c/APDQ
Odysee : https://odysee.com/@Actualitepolitiqueduquebec:0
Site web : https://actualitepolitiqueduquebec.com
💛 Soutenir APDQ
Carte de crédit : https://buy.stripe.com/aEU01ifePaBTfLi6oo
PayPal : https://www.paypal.com/paypalme/DominickJasmin
Interac : virement@actualitepolitiqueduquebec.com (réponse : Dominick)
